Voir à travers les murs n’est pas une nouveauté.
Les radiofréquences traversent des surfaces aussi différentes que le béton, les arbres ou la fumée.
Les forces spéciales américaines et françaises disposent déjà du Prism 200, du Xaver 400 et de plusieurs autres radars portatifs qui traduisent en images 3D le déplacement des personnes et des objets perçus à travers des murs.
Récemment, deux chercheurs américains ont créé un réseau d’ondes radios en wifi qui permet lui aussi de traquer les mouvements derrière des murs.

le système de radio tomographie et l’image générée par ordinateur
A la différence des radars, le système de radio tomographie inventé par Neal Patwarid et Joey Wilson utilise un signal radio passant à travers 34 émetteurs-récepteurs pour traquer les mouvements. Les « ombres » créées par ces mouvements dans les ondes radios sont ensuite converties en images grâce à un programme informatique.
Ce système utilise des ondes radios cinq cent fois plus faibles que celles d’un téléphone portable
Repérer les otages et les consommateurs
La radio tomographie en wifi pourrait aider la police, les pompiers et les équipes de secourisme en cas de prise d’otages. Elle est également moins onéreuse et plus précise qu’un radar.
D’après Wilson, elle pourrait aussi être utilisée pour analyser le comportement des clients : « Je pense aux boutiques et aux commerces d’alimentation. Ils dépensent beaucoup d’argent pour déterminer ‘où devons-nous mettre les céréales, où devons-nous mettre le lait, où devons-nous mettre le pain?’ Si je peux offrir cette information en utilisant la radio tomographie, c’est une bonne affaire. »
Qu’en est-il du droit à la vie privée ? Les inventeurs du système sont catégoriques , il « procure des images en temps réel de l’emplacement et des mouvements des personnes mais ne peut pas être utilisé pour les identifier. »
En France, le ministre de l’intérieur Georges Foulché s’est déclaré particulièrement intéressé par la mise en place d’un tel système dans des lieux dits « sensibles. » Reste à définir leur sensibilité.
Les limites de la science-fiction
Les radars peuvent détecter les individus mais seul un dispositif de traçage, comme une puce RFID, permet d’identifier celui qui se cache derrière un mur.
Pourtant, la semaine dernière, la publication des élucubrations de Cherny Zemly a réactivé une vieille théorie conspirationniste : des individus seraient traqués grâce aux ondes électromagnétiques émises par leurs cerveaux. Heureusement, les citoyens lambdas ne sont pas concernés. D’après les écrits de Zemly, quelques rares personnes émettent un champ électromagnétique particulier, une sorte de signature cérébrale hors normes. Des scientifiques aux noirs desseins auraient conçu un radar pour retrouver ces personnes. Les adeptes du New Age connaissent cette signature depuis longtemps et lui ont même donné un nom : l’aura.
Pister des personnes grâce à leur aura, on appelle cela de la science-fiction.
Tout comme le Big Mac et les dossiers X files, cette théorie est née aux États-Unis. De temps à autre, elle est régurgitée par une poignée de paranoïaques tétanisés à l’idée que quelqu’un, quelque part, en veut à leurs cerveaux.
Il y a quatre ans, le site mindcontrol affirmait déjà que la NSA – les services américains de sécurité intérieure – surveille des personnes en traçant leur champ électromagnétique.
Que les détenteurs d’auras surpuissantes se rassurent. En réalité, la technologie a quelques trains de retard sur l’esprit fiévreux des conspirationnistes. Les champs électriques et magnétiques générés par le cerveau sont insignifiants; leur intensité est même moindre que les ondes électromagnétiques qui transmettent l’information audiovisuelle.
Celui qui, magiquement, produira un champ suffisamment fort pour le distinguer de la foule des humains ordinaires ne pourra guère s’en vanter. Aussitôt produit, le champ le tuera. Il grillera littéralement sur place.
Les supers héros ont la vie courte.