sauvons les cyborgs !

L'Histoire est un mensonge que personne ne conteste.

libertés surveillées

sugaar
22 janvier 2010

Au pays des réseaux sociaux et des échanges nomades, il existe une rumeur folle : tout ce que vous pourrez dire sera retenu contre vous.

En sep­tembre der­nier, deux jeunes fran­con­vil­lois ont été sus­pectés de ter­ro­risme. Ils s’étaient amusés, par SMS, à ima­giner la pré­pa­ra­tion d’un entar­trage visant Simons. L’opérateur mobile de l’un des jeunes avait alerté la police anti­ter­ro­riste.
La rumeur dit vrai. D’une façon ou d’une autre, nous sommes tous surveillés.

Aujourd’hui, une nou­velle rumeur affirme que des per­sonnes dis­pa­raissent après avoir posté des mes­sages sur Twitter ou Facebook. L’histoire est si absurde qu’elle confine au fantasme.

Vendredi 15 jan­vier, à Paris, un homme aurait été bloqué par des CRS alors qu’il se ren­dait sur son lieu de tra­vail, près des Grands Boulevards. La raison de ce blo­cage reste floue mais la proxi­mité des grands maga­sins laisse sup­poser une alerte à la bombe. Ou la sortie incon­grue d’une pre­mière dame fai­sant les soldes.
Connecté à un site de micro­blog­ging grâce à son télé­phone por­table, l’homme immo­bi­lisé lais­sait éclater sa colère contre les CRS, le gou­ver­ne­ment en place et l’omni-président. Il fit le paral­lèle avec l’agression à moitié réussie (ou ratée, on ne sait plus) qui secoue la France depuis près de quatre mois.  L’homme rap­pela à ses amis invi­sibles qu’un tou­riste inconnu aurait filmé l’un des gardes du corps fai­sant un dis­cret signe du menton à Cherny Zemly. Il affir­mait que le tou­riste, c’était lui.

Il se trou­vait tou­jours là, sur le trot­toir, lorsqu’il fut arrêté. L’un de ses col­lègues, bloqué lui aussi par le bar­rage, avait vu la scène de l’autre côté du trottoir.

Et depuis une semaine, plu­sieurs per­sonnes se demandent où se trouve Jacques Chambret. La police pari­sienne n’a ni confirmé, ni réfuté son arrestation.

Est-ce une légende urbaine en pleine éclo­sion ou faut-il s’attendre, vrai­ment, à d’autres disparitions ?

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opération ballon rouge

sugaar
16 décembre 2009

Comment fêter les qua­rante ans d’Internet ? En rap­pe­lant son ori­gine militaire.

ballon rouge ou leurreEntre le 5 et le 14 décembre, le DARPA (agence amé­ri­caine pour les pro­jets de recherche avancée de défense) a orga­nisé une chasse au trésor pour exa­miner les rôles que jouent Internet et les réseaux sociaux dans la com­mu­ni­ca­tion et la mobi­li­sa­tion des popu­la­tions lors de situa­tions critiques.

Il n’a fallu que deux heures aux cinq mille par­ti­ci­pants pour retrouver les dix bal­lons météo­ro­lo­giques rouges dis­persés aux États-Unis.

Ironie ? Depuis soixante ans, le ballon météo­ro­lo­gique est syno­nyme de leurre, pour les ufologues.

Le pou­voir de la foule

Faire appel aux inter­nautes pour résoudre une tâche donnée était jusqu’à pré­sent associé avec l’altruisme dés­in­té­ressé. Cette tech­nique, le crowd­sour­cing, permet de frag­menter et de rendre abs­traite la véri­table signi­fi­ca­tion des tâches. En y mêlant pro­pa­gande et dés­in­for­ma­tion, c’est un moyen effi­cace pour mani­puler des citoyens.
Le concours de DARPA, le jeu Internet Eyes et la traque de l’Homme à l’oiseau noir nous montrent que les popu­la­tions peuvent être uti­li­sées pour étendre la capa­cité de sur­veillance d’un état.

Il suffit de quelques images tru­quées, d’une poi­gnée de témoins réci­tant leurs textes pour que les foules hyp­no­ti­sées traquent des ennemis imaginaires.

Mais, de l’autre côté du miroir… Qui garde les gardiens ?

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L’union Européenne a créé en jan­vier 2009 un projet orwel­lien d’intelligence arti­fi­cielle pour sur­veiller le « com­por­te­ment anormal » des populations.

Imaginé il y a cinq ans, le pro­gramme de recherche Indect uti­lise des « agents » infor­ma­tiques qui ana­lysent les flux d’informations sur les sites internet, les forums, les réseaux de peer-to-peer, les ordi­na­teurs per­son­nels et les sys­tèmes de vidéo sur­veillance publics.

Le Projet Indect a reçu près de 15 mil­lions d’euros de l’Union Européenne et per­mettra le par­tage de ces infor­ma­tions entre dix pays euro­péens.  Il arrive au moment où l’Union Européenne ren­force sa lutte contre le crime orga­nisé, le ter­ro­risme et l’immigration illé­gale en aug­men­tant son budget  de 13,5%, soit plus d’un mil­liard d’euros.

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surveiller et dénoncer

sugaar
8 novembre 2009

A Paris, depuis quelques semaines, des groupes d’habitants du XXème arron­dis­se­ment effec­tuent des rondes noc­turnes pour per­turber les tra­fics de drogue. Mamies sans peur et pères de famille se relaient dans une ambiance bonne enfant, tout en gar­dant un œil sévère sur les jeunes qui traînent aux pieds des HLM. Ces rondes citoyennes sont direc­te­ment ins­pi­rées des milices de quar­tier amé­ri­caines. Cette ini­tia­tive fait suite aux mes­sages anti-délinquance du gouvernement. dénoncer par mail, c'est possibe maintenant

Fin sep­tembre, la police de l’Essonne a d’ailleurs mis en place un sys­tème de déla­tion dénon­cia­tion ano­nyme par mail, en invi­tant à joindre photos et vidéos   : «Aidez la police natio­nale dans son action au ser­vice des citoyens. Confidentialité garantie»




Sauvons les Cyborgs vous pro­pose un petit état des lieux des mesures, ici ou ailleurs, inci­tant les citoyens à se sur­veiller et à dénoncer les com­por­te­ments suspects :


ethics.com, les col­lègues dans le col­li­ma­teur (USA, Europe)

ethicspoint.com

Vous n’aimez pas vos col­lègues ? Dommage pour eux.

Le site ethics.com permet à des employés de dénoncer ano­ny­me­ment « les pro­blèmes et pré­oc­cu­pa­tions rela­tifs à des acti­vi­tés contraires à l’éthique ou illégales. »

Malgré le succès que ce site rem­porte aux USA, un juge du tri­bu­nal de Caen a décidé le 6 novembre der­nier que les sala­riés d’une entre­prise fran­çaise ne pour­ront pas se dénon­cer les uns les autres via un site Inter­net dédié car cela crée “un trouble mani­fes­te­ment illi­cite”. On espère que cela fera jurisprudence.

Lire notre article sur l’affaire oppo­sant les sala­riés de l’entreprise Benoist Girard à la leur direction.



Internet Eyes (Grande Bretagne)


le site internet eyes

Jouer à Big Brother sans quitter son canapé

Au pays de la vidéo sur­veillance (Une caméra pour 14 habi­tants),  le site Inter­net Eyes (les yeux d’internet) pro­po­se aux inter­nautes du monde entier de vision­ner les images dif­fu­sées en direct par des camé­ras de surveillance.

Le slo­gan ? Attra­pez un cri­mi­nel en ligne !

Le but ? tra­quer le fla­grant délit en jouant avec  le voyeu­risme des ama­teurs de Big Brother.

Lire notre article sur Internet eyes.


IWatch, un pro­gramme Orwellien du LAPD (USA)

La police de New York a lancé un site internet  per­met­tant aux habi­tants de la ville de dénoncer tout com­por­te­ment sus­pect. Orwellien.





Rottenneighbor.com, mes voi­sins sont pourris (USA)


rottenneighborcom

Ce site amé­ri­cain per­met­tait de dénoncer ano­ny­me­ment le com­por­te­ment de ses voi­sins (voi­ture sale, va cher­cher son cour­rier en caleçon, etc.) et de les affi­cher sur Google Map. Lancé en 2007 et uti­li­sable par­tout dans le monde, le site a débarqué l’année der­nière en France. Il est heu­reu­se­ment en main­te­nance et donc inac­ces­sible depuis cet été.


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Ceci n’est pas un jeu

sugaar
1 novembre 2009

« La police invite toute la popu­la­tion du sec­teur d’Elm Terrace à pro­céder comme suit : Que dans chaque rue chaque habi­tant de chaque maison ouvre sa porte côté rue ou côté jardin ou regarde à ses fenêtres. Le fugitif ne peut s’échapper si chacun regarde dehors dans la minute qui suit. Prêts ! « 

Ray Bradbury, Fahrenheit 4511953

Aujourd’hui, la France est le pre­mier pays à avoir montré les dérives d’un sys­tème pseudo ludique com­bi­nant vidéo sur­veillance et pré­somp­tion de culpabilité.

Ce matin, l’un des com­plices pré­sumés de L.M de Cherniepresque été arrêté grâce à des vidéos de sur­veillance pira­tées. Cette impro­bable traque, qui tient le pays en haleine depuis trois semaines, est à la fois illé­gale et immo­rale. Elle se déroule pour­tant avec l’accord tacite des auto­rités, comme dans la pire des dystopies.

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Selon un récent rap­port du gou­ver­ne­ment américain, les vic­times de la grippe pour­raient embou­teiller le réseau internet, en mul­ti­pliant les connexions « gour­mandes » comme le télé­char­ge­ment de vidéos ou les jeux en ligne.  Il serait alors impos­sible de com­mu­ni­quer ou d’effectuer des tran­sac­tions vitales pour la sécu­rité publique et l’économie.
Le dépar­te­ment de la Sécurité Intérieure, chargé des télé­com­mu­ni­ca­tions en cas d’urgence natio­nale, ne dis­pose cepen­dant d’aucune stra­tégie pour faire face à une explo­sion des connexions à internet. L’état d’urgence ayant été déclaré le 24 octobre der­nier, la satu­ra­tion du réseau devrait donc être atteinte avant la mi-novembre.

Pour l’heure, les États-Unis res­tent les seuls à envi­sager sérieu­se­ment cette consé­quence de l’épidémie de grippe.

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repas ufologique: veni vidi ovni

Manu le Cyborg
7 octobre 2009

veni vini incognitoHier matin, je me suis réveillé avec l’angoissante cer­ti­tude que j’étais un fraudeur.

Je n’ai jamais vu d’ovni, vous com­prenez. C’est une vérité pas­sa­ble­ment humi­liante mais sup­por­table au quo­ti­dien. Par contre, parler de sou­cou­pettes volantes en long, en large et en tra­vers, et n’avoir jamais ren­contré le moindre ufo­logue, est-ce que c’est com­pa­tible avec mon matri­cule d’enquêteur cybor­gien, ça?

Pris d’un vague éclair de luci­dité, j’ai donc décidé, hier soir, de fran­chir le Rubicon qui sépare la terre froide des scep­tiques du ter­ri­toire maré­ca­geux des croyants.

Je suis allé à un repas ufologique.

Empaqueté dans mon vieil imper noir, un cha­peau mou vissé sur mon crâne de cyborg et le Black Out de Jimmy Guieu sous le bras, je débar­quais au centre com­mer­cial de la Défense. Je les voyais déjà, ces chas­seurs d’ovnis, armés de bou­teilles de rosé et de photos de nuages flous, bran­dis­sant les cale­pins noirs où ils notaient reli­gieu­se­ment des dizaines d’apparitions sus­pectes.
Est-ce que ma vie allait être bou­le­versée par ce que j’allais apprendre?
J’avais les mains moites et le nez aussi.

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videosurveillance

Que se passe-t-il au pays de Big Brother ? Des caméras, encore des caméras, tou­jours des caméras. Globalement inof­fen­sives, dit-on. Et pourtant…

Présenté comme un jeu, le site bri­tan­nique Internet Eyes promet de brouiller un peu plus la fron­tière entre la sur­veillance à outrance et le voyeu­risme gra­tuit. Son slogan ? Attrapez un cri­minel en ligne !

Dépoussiérant le vieux concept du gen­darme et des voleurs, Internet Eyes pro­po­sera bientôt aux inter­nautes de jouer aux jus­ti­ciers mas­qués sans quitter leurs canapés. Il leur suf­fira de scruter sur leur ordi­na­teur les flux vidéos de cen­taines de caméras de sécu­rité, et de cli­quer au bon moment. Les joueurs vigi­lants rece­vront une petite récom­pense pour chaque délit repéré tandis que le plus zélé d’entre eux rem­por­tera la cagnotte à la fin de chaque mois.

Transformer le citoyen lambda en auxi­liaire de police n’est pas une idée neuve.
Partout, la dénon­cia­tion est pré­sentée comme un devoir civique et le silence comme une preuve de com­pli­cité. Gardons les yeux ouverts, la sécu­rité est l’affaire de tous, la dénon­cia­tion est un devoir répu­bli­cain… Utilisé à outrance, l’appel à la vigi­lance révèle la mise en place d’un sys­tème para­po­li­cier où chacun peut s’offrir, à moindre frais, un cer­tain pou­voir de nuisance.

En France, le glis­se­ment vers la déla­tion est subtil mais réel. Cela va du cour­rier envoyé à la caisse d’allocations fami­liales aux patrouilles noc­turnes entre voi­sins, où l’on traque les fla­grants délits comme cer­tains vont à la chasse.
Dans la rubrique des faits-divers, la satis­fac­tion mor­bide de ceux qui n’ont fait que leur devoir se mêle à l’humilité feinte de ceux qui n’ont écouté que leur cou­rage. Nous sommes tous des héros qui s’ignorent…

En élevant la déla­tion au rang de diver­tis­se­ment, Internet Eyes cris­tal­lise l’instant tra­gique où le Panem et cir­censes rem­place toute notion de véri­table devoir civique.

Les som­nam­bules, eux aussi, marchent les yeux ouverts.

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ovnis: comment fabriquer des preuves

Manu le Cyborg
2 octobre 2009

Oyez, oyez! Les ovnis ont débarqué! La preuve par l’image? Bof bof.

Toujours à fond dans mes recherches ufo­lo­giques, je zone lamen­ta­ble­ment sur le net à la recherche de THE photo qui mettra tout le monde KO. Bah, que dalle. Fake fake fake. Mais les vieilles images ont quand même un cer­tain charme. Celui de l’innocence?

ovni mexique 1950Dans le temps, mes enfants, on se conten­tait d’un frisbee ou d’un plat à tarte. Des photos ont même été tru­quées en col­lant une image d’ovni sur une photo et en repho­to­gra­phiant le tru­cage pour que l’ovni se fonde bien dans le pay­sage !
Maintenant, n’importe qui arrive à pro­duire des sou­coupes, avec un ordi­na­teur et un bon logi­ciel. Et quand je dis n’importe qui, ça en fait du monde.

Une fois la photo prise, il faut aussi être bon acteur pour tromper les jour­na­listes et les spé­cia­listes. S’il y autant de fake qui cir­culent, c’est aussi parce qu’il y a des gens qui y trouvent un intérêt (blague, argent, célé­brité) et d’autres gens assez « inno­cents » pour prendre des lan­ternes pour des ovnis. On parle même de conspi­ra­tion: faire croire aux ovnis pour pré­parer la popu­la­tion à gober n’importe quoi.

Maintenant, il y a l’appli CameraUFO pour Iphone, et ça donne ça:

faux ovnis photographie Iphone

Mais bon, ces mani­pu­la­tions, ça ne marche pas qu’avec les ovnis. L’Histoire est pleine de photos retou­chées pour coller avec la ver­sion offi­cielle et/ou de témoins de la der­nière heure prêts à jurer qu’ils disent la vérité, rien que la vérité et toute la vérité. Il n’y a qu’à voir ce qui se passe en ce moment…

Sympa, le gadget. On peut incruster une ving­taine d’ovnis dans n’importe quelle photo, avec une qua­lité d’image à rendre chèvres tous les ufologues.

Les objets non iden­ti­fiés enva­hissent la galaxie wébienne et bien mal qui peut main­te­nant dis­cerner le vrai du faux. Est-ce que voir, c’est croire? Amis cyborgs: ouvrons l’œil.

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