sauvons les cyborgs !

L'Histoire est un mensonge que personne ne conteste.

Qu’est-ce que la propagande ?

sugaar
8 octobre 2009

La pro­pa­gande désigne un ensemble d’actions psy­cho­lo­giques effec­tuées par une ins­ti­tu­tion ou une orga­ni­sa­tion pour endoc­triner une popu­la­tion et la faire agir d’une cer­taine manière. Les tech­niques de pro­pa­gande modernes reposent sur les recherches conduites dans le domaine de la psy­cho­logie, de la psy­cho­logie sociale et dans celui de la com­mu­ni­ca­tion. De manière sché­ma­tique, elles se concentrent sur la mani­pu­la­tion des émotions, au détri­ment des facultés de rai­son­ne­ment et de jugement.

L’apparition des médias de masse, les guerres mon­diales et la pro­mo­tion de l’individu dans les sys­tèmes poli­tiques, ont déter­miné les tech­niques de pro­pa­gande uti­li­sées actuel­le­ment. De manière plus dif­fuse mais non moins impé­rieuse, la pro­pa­gande peut aussi cher­cher à faire adhérer l’individu et les masses à un ensemble d’idées et de valeurs, à les mobi­liser, bref à les inté­grer dans une société donnée.

C’est ainsi qu’en temps de guerre ou de période insur­rec­tion­nelle peut être mis en place un sys­tème d’embrigadement sous forme de « pro­pa­gande d’agitation », qui cherche avant tout à pro­vo­quer l’action. La plu­part des tech­niques de pro­pa­gande reposent sur une bonne uti­li­sa­tion de l’émotivité de l’auditoire.

La peur : un public qui a peur est en situa­tion de récep­ti­vité pas­sive, et admet plus faci­le­ment l’idée qu’on veut lui inculquer.

Appel à l’autorité : citer des per­son­nages impor­tants pour sou­tenir une idée, un argu­ment, ou une ligne de conduite.

Témoignage : les témoi­gnages sont des men­tions, dans ou hors du contexte, pour sou­tenir ou rejeter une poli­tique, une action, un pro­gramme, ou une per­son­na­lité donnée. La répu­ta­tion de l’individu mis en avant est aussi exploitée. Les témoi­gnages marquent du sceau de la res­pec­ta­bi­lité le mes­sage de propagande.

Effet mou­ton­nier : cet appel tente de per­suader l’auditoire d’adopter une idée en insi­nuant qu’un mou­ve­ment de masse irré­sis­tible est déjà engagé ailleurs pour cette idée.

Redéfinition, révi­sion­nisme : consiste à redé­finir des mots ou à fal­si­fier l’histoire de façon partisane.

Obtenir la désap­pro­ba­tion : cette tech­nique consiste à sug­gérer qu’une idée ou une action est adoptée par un groupe adverse, pour que l’auditoire désap­prouve cette idée ou cette action sans vrai­ment l’étudier.

Généralités éblouis­santes et mots ver­tueux : les géné­ra­lités peuvent pro­vo­quer une émotion intense dans l’auditoire. Par exemple, faire appel à l’amour de la patrie, à la liberté,  à la jus­tice, à l’honneur,  etc., permet de tuer l’esprit cri­tique de l’auditoire. Même si ces mots et ces expres­sions sont des concepts dont les défi­ni­tions varient selon les indi­vidus, leur conno­ta­tion est tou­jours favo­rable. De sorte que, par asso­cia­tion, les concepts et les pro­grammes du pro­pa­gan­diste seront perçus comme tout aussi gran­dioses, bons, sou­hai­tables et vertueux.

Imprécision inten­tion­nelle : il s’agit de rap­porter des faits en les défor­mant ou de citer des sta­tis­tiques sans en indi­quer les sources. L’intention est de donner au dis­cours un contenu d’apparence scien­ti­fique, sans per­mettre d’analyser sa vali­dité ou son applicabilité.

Transfert : cette tech­nique sert à pro­jeter les qua­lités posi­tives ou néga­tives d’une per­sonne, d’une entité, d’un objet ou d’une valeur  sur un tiers, afin de rendre cette seconde entité plus (ou moins) accep­table. Cette tech­nique est uti­lisée, par exemple, pour trans­férer le blâme d’un camp à l’autre, lors d’un conflit.

Simplification exa­gérée : ce sont des géné­ra­lités employées pour fournir des réponses simples à des pro­blèmes sociaux, poli­tiques, écono­miques, ou mili­taires complexes.

Quidam : pour gagner la confiance de son audi­toire, le pro­pa­gan­diste emploie le niveau de lan­gage et les manières (vête­ments, gestes) d’une per­sonne ordi­naire. Par pro­jec­tion, l’auditoire est aus­sitôt plus enclin à accepter les posi­tions du pro­pa­gan­diste, puisque celui-ci lui ressemble.

Stéréotyper ou étiqueter : cette tech­nique uti­lise les pré­jugés et les sté­réo­types de l’auditoire pour le pousser à rejeter l’objet de la cam­pagne de propagande.

Bouc émis­saire : en jetant l’anathème sur un indi­vidu ou un groupe d’individus, accusés à tort d’être res­pon­sables d’un pro­blème réel (ou sup­posé), le pro­pa­gan­diste peut éviter de parler des vrais res­pon­sables, et n’a pas à appro­fondir le pro­blème lui-même.

Slogans : un slogan est une brève expres­sion, facile à mémo­riser et donc à recon­naître, qui permet de laisser une trace dans tous les esprits.

Glissement séman­tique : tech­nique consis­tant à rem­placer une expres­sion par une autre afin de la vider de son contenu émotionnel et de son sens. Le glis­se­ment séman­tique peut à l’inverse ren­forcer la force expres­sive pour mieux émou­voir l’auditoire. Exemples :  « dom­mages col­la­té­raux » à la place de « vic­times civiles », « péda­gogie pré­ven­tive » à la place de « répres­sion poli­cière », « inter­ven­tion huma­ni­taire pré­ven­tive » à la place d’« intervention militaire ».

Au vu de tout cela, peut-on parler de pro­pa­gande en France ?

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Il était une fois aujourd’hui

sugaar
16 septembre 2009

Nous sommes saturés d’informations. Nous sommes l’information.
Cette pro­fu­sion altère-t-elle notre per­cep­tion de la réa­lité ? C’est le Progrès, nous rassure-t-on.
Nous pen­sons, nous disons, nous par­ta­geons… Des lieux com­muns. C’est la stra­tégie de l’entonnoir.

Il était une fois… Aujourd’hui. N’est-elle pas incroyable, l’histoire qui se déroule sous nos yeux impa­tients ? Plus le héros souffre, plus il nous faut connaître la suite. Nous vivons ses épreuves et ses échecs. Même ses vic­toires nous appar­tiennent. Même elles, nous les subis­sons.
En vérité, nous sommes à la merci de toutes les ten­ta­tions tota­li­taires et il n’y a aucune trans­cen­dance à espérer de ce côté-là. Préserver les filtres nous per­met­tant de rejeter le superflu, le sus­pect, le cor­rompu, c’est une ques­tion de survie.

L’Appel du 9 sep­tembre n’est qu’une for­mi­dable ten­ta­tive de donner du sens à un non-événement.

Comment un acte isolé, aussi ter­rible soit-il, peut-il être un attentat col­lectif contre un monde en carton ?

spectateurs ou acteurs ?

Par quel miracle sommes-nous tous devenus à la fois les vic­times expia­toires d’un com­man­deur débou­lonné et nos propres bourreaux ?

Oui, for­mi­dable, cet acte l’est for­cé­ment, comme seul un conte peut l’être.

Formidable, parce que l’écho popu­laire révèle, en creux, les limites de notre libre-arbitre. Pour le peuple et par le peuple, par­tout, mille et un théâtres de poche rejouent une scène dont nous igno­rons les auteurs.
Anonymes et porte-paroles d’on ne sait même plus quel parti sont au chevet du martyr auto­pro­clamé. Ne nous y trom­pons pas. Lequel d’entre eux don­nera un œil pour rem­placer celui que nous avons tous perdu, ce jour-là ?

Mais à ceux qui lisent le 9 sep­tembre comme une tra­gédie grecque et écrivent, déjà, le mythe fon­da­teur d’une nou­velle ère, il est néces­saire de répondre : allons, tout cela n’est qu’une farce.

Le savoir, ce n’est rien d’autre que de se décou­vrir immo­bile, à la croisée des che­mins. Que faire, à pré­sent ? Dire qu’on nous mani­pule ? Qu’on nous trompe hon­teu­se­ment ? Ensuite, il nous faudra bouder, tré­pi­gner puis gon­fler nos joues. Oui, il faudra bien en passer par là, puisqu’on nous promet déjà, si nous sommes sages, d’être un peu cajolés. Il était une fois… Demain.

Nous ne vou­lons pas de cette histoire-là. L’accepter, c’est déjà tout accepter.

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