sauvons les cyborgs !

L'Histoire est un mensonge que personne ne conteste.

endormir la peur

sugaar
9 avril 2010

Au-delà de ce monde de colère et de larmes,
Ne plane que l’horreur de l’ombre.
Et pour­tant la menace du Temps
Me trouve et me trou­vera, sans peur.

William Ernest Henley, Invictus

Tous les ani­maux connaissent la peur. Et tous peuvent apprendre à nier l’évidence du danger.

Une  expé­rience conduite par des psy­cho­logues de l’université d’Austin, au Texas, a permis de guérir des rats dressés à asso­cier un son par­ti­cu­lier avec une décharge élec­trique.
La méthode est simple. D’abord, on rejoue le son, une seule fois, pour désta­bi­liser la mémoire. Aucune décharge élec­trique ne suc­cède au son. Une heure plus tard, on rejoue ce son de façon répé­ti­tive.
A la fin, les rats peuvent entendre le son sans avoir peur. Mieux : ils sont à pré­sent plus lents que d’autres rats pour réap­prendre à craindre la décharge élec­trique. Malgré la dou­leur, le son ne pro­duit chez eux qu’un sen­ti­ment de sécurité.

Ces cher­cheurs sou­haitent pour­suivre l’expérience avec des êtres humains.
Cela est inutile. Nous en connais­sons déjà le résultat.

Depuis l’Appel du 9 sep­tembre et la mise en place, par Simons et ses sbires, de mesures d’exception légi­ti­mant une sur­veillance géné­ra­lisée, nous vivons comme ces rats de labo­ra­toire.
D’abord, ils nous ont appris la peur. Une peur col­lec­tive et irra­tion­nelle, nous fai­sant voir des ennemis dans chacun de nos voi­sins. Elle a engendré une hys­térie digne des périodes les plus sombres de notre his­toire. Des femmes et des hommes, parce qu’ils récla­maient la vérité au sujet de Cherny Zemly, ont été désho­norés, pour­chassés, lyn­chés par les médias. Ils ont été aban­donnés par le peuple quand ils ne lut­taient que pour lui. Certains en sont morts.

Puis, par un fan­tas­tique tour d’illusionniste, le Nouvel Ordre nous a appris l’indifférence. Un calme inquié­tant a suc­cédé à la tem­pête. En quelques petits mois, les indi­vidus qui décident de notre avenir ont réussi à nous faire oublier que notre survie dépend de notre capa­cité à recon­naître les dan­gers qui nous menacent.

Nous refusons d'être des rats de laboratoire. Zemly vérité !Pour pou­voir nous sauver, il nous fau­drait, comme des rats de labo­ra­toire, réap­prendre à avoir peur. Mais il ne s’agit plus d’éprouver la peur imbé­cile de celui qui a peur de son ombre alors qu’il marche en pleine lumière.

Il est urgent de nous sou­venir de toutes ces routes mau­dites que nous avons prises et qui ne menaient nulle part.
La peur qui nous a saisi, enfin, lorsque nous avons com­pris que notre guide était aussi notre bour­reau, cette peur nous a sauvé. Elle nous a appris qu’il est par­fois néces­saire de mordre la main de son maître.

Pierre Anvers ne doit pas être mort pour rien.

Zemly vérité ! Nous devons retrouver l’homme à l’oiseau noir.

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Il est vrai

sugaar
10 février 2010

Il est vrai que nous vivons des Temps,  nous dit-on, des Temps où les révoltes ne s’écrivent pas sur les murs et ne se crient pas dans la rue. Cela ne se fait plus, voyons. Il fait trop froid. C’est un temps anesthésique.

Il est vrai que si révolte il y a, si cela peut être encore pos­sible,  nul ne l’entend.

Ne voyez-vous pas à la Lanterne, celui dont l’Appel nous laisse sans voix ? Qu’entend-il de nous, lui ? Le mur­mure de nos cla­viers ? Le bruit des langues qui claquent quand tous les mots sont usés ? Quel est le mot de code ? Chut ! Clac. Cent un mots que nous échan­geons, et pas un qui semble à la hau­teur de ce silence. Mais à quoi pense-t-on ? A rien. Vraiment. Sincèrement. Ce ne sont que des petits mots que nous sto­ckons comme des cou­pons de réduc­tion pour une bra­derie impro­bable, où tout sera trop grand et trop petit, trop laid et trop futile. Ce ne sont que des jus­ti­fi­ca­tions pour faire traîner les choses, puisque nous savons bien que nous n’irons pas, là-bas.

Il est vrai que nous vivons un jour sans fin, ou plutôt l’une de ces après-midis grises et ternes où l’on sait que toutes les pro­messes sont ajour­nées.  C’est un jour triste, il n’y a plus per­sonne à appeler et tout ce qui devait être lu a été écrit.
Mais nous n’admirons ni le mou­ve­ment lent des girouettes ni les feuilles frois­sées que le vent mau­vais nous apporte.  Nous comp­tons. Nous recomp­tons. Nous bif­fons les grâces pas­sées et les messes dites. Tranquillement.

Il est vrai que nous vivons des temps où les murs n’écrivent plus aucune révolte. Où toutes les voix qui devaient se faire entendre ne parlent que d’issues de secours. C’est un temps sale, nous disons, un temps de nau­frage.
N’est-ce pas là que tout commence ?

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le messager athénien

sugaar
21 décembre 2009

« Et, au fait, qui­conque, ayant conquis un État accou­tumé à vivre libre, ne le détruit point, doit s’attendre à en être détruit. Dans un tel État, la rébel­lion est sans cesse excitée par le nom de la liberté et par le sou­venir des anciennes ins­ti­tu­tions, que ne peuvent jamais effacer de sa mémoire ni la lon­gueur du temps ni les bien­faits d’un nou­veau maître. Quelque pré­cau­tion que l’on prenne, quelque chose que l’on fasse, si l’on ne dis­sout point l’État, si l’on n’en dis­perse les habi­tants, on les verra, à la pre­mière occa­sion, rap­peler, invo­quer leur liberté, leurs ins­ti­tu­tions per­dues, et s’efforcer de les ressaisir. »

Nicolas Machiavel (1515) Le Prince

A ceux qui pensent que tout est pour le mieux tant que le pire est évité, nous disons : Souvenez-vous !

C’était un matin de défaite, et le grand corps malade de la cité n’en finis­sait pas de vaciller. Trente tyrans fon­daient sur Athènes. C’était aisé, l’hydre vieillis­sante avait perdu le sou­venir d’elle-même.

La pro­po­si­tion, faite au peuple à genoux, était de créer un nou­veau régime. Puisque le sys­tème ne fonc­tion­nait plus, puisque la guerre et l’économie rédui­saient tous les lau­riers en cendres, alors il fal­lait s’en remettre à la sagesse des ancêtres.  Mais qu’avaient-on hérité, de ces ancêtres mythiques ? Tout. La valeur et le cou­rage. Le res­pect de l’ordre. Une cer­taine idée de la liberté…

C’était donc pour le salut public, qu’il fal­lait remettre le pou­voir entre les mains de quelques uns.

Propagande. Les Trente inves­tis­saient la mémoire col­lec­tive et en nour­ris­saient leur puis­sance.

Tous les bons citoyens pré­sents dans l’assemblée, com­pre­nant la manœuvre et sen­tant leur impuis­sance, ou bien res­tèrent en gar­dant une atti­tude pas­sive, ou bien se reti­rèrent. Ils pou­vaient du moins se rendre cette jus­tice qu’ils n’avaient rien voté de néfaste pour la cité. Un petit nombre de citoyens lâches, mal­in­ten­tionnés, ado­ptèrent à main levée les mesures qu’on leur dic­tait.


Trier. Épurer. Traquer les mau­vaises idées et les mines sus­pectes. Réduire le nombre de citoyens, ne garder que les meilleurs, ceux qui le méritent vraiment.

Exiler effacer exé­cuter.

Renier.

Créer les lois pour mieux dési­gner les hors la loi. Flatter avec le bout de la cra­vache. Jeux. Concevoir le vivre ensemble comme une gigan­tesque entre­prise de sur­veillance col­lec­tive.
Que disait-on, alors ? Ils voient vos mal­heurs d’un si bon œil que, tantôt, ils les savent avant tout le monde, tantôt ils en inventent.

« Ces actes fai­saient plaisir aux citoyens qui croyaient que les Trente agis­saient pour le bien de la cité. »

Aristote

C’était il y a 2 400 ans.  La démo­cratie athé­nienne mour­rait; les hommes au pou­voir étaient devenus une force d’occupation. Puis, un jour, un général en exil revint pour tout ren­verser.

Et ensuite ? Socrate bu la cigüe et tous en mou­rurent.

Zweckpropaganda. Le mes­sager athé­nien s’en est allé.

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opération ballon rouge

sugaar
16 décembre 2009

Comment fêter les qua­rante ans d’Internet ? En rap­pe­lant son ori­gine militaire.

ballon rouge ou leurreEntre le 5 et le 14 décembre, le DARPA (agence amé­ri­caine pour les pro­jets de recherche avancée de défense) a orga­nisé une chasse au trésor pour exa­miner les rôles que jouent Internet et les réseaux sociaux dans la com­mu­ni­ca­tion et la mobi­li­sa­tion des popu­la­tions lors de situa­tions critiques.

Il n’a fallu que deux heures aux cinq mille par­ti­ci­pants pour retrouver les dix bal­lons météo­ro­lo­giques rouges dis­persés aux États-Unis.

Ironie ? Depuis soixante ans, le ballon météo­ro­lo­gique est syno­nyme de leurre, pour les ufologues.

Le pou­voir de la foule

Faire appel aux inter­nautes pour résoudre une tâche donnée était jusqu’à pré­sent associé avec l’altruisme dés­in­té­ressé. Cette tech­nique, le crowd­sour­cing, permet de frag­menter et de rendre abs­traite la véri­table signi­fi­ca­tion des tâches. En y mêlant pro­pa­gande et dés­in­for­ma­tion, c’est un moyen effi­cace pour mani­puler des citoyens.
Le concours de DARPA, le jeu Internet Eyes et la traque de l’Homme à l’oiseau noir nous montrent que les popu­la­tions peuvent être uti­li­sées pour étendre la capa­cité de sur­veillance d’un état.

Il suffit de quelques images tru­quées, d’une poi­gnée de témoins réci­tant leurs textes pour que les foules hyp­no­ti­sées traquent des ennemis imaginaires.

Mais, de l’autre côté du miroir… Qui garde les gardiens ?

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nuage étrange au-dessus de moscou le 7 octobre 2009

Vous vous sou­venez du nuage mys­té­rieux apparu au-dessus de Moscou le 7 octobre?

Ma pre­mière expli­ca­tion était un halo par­hé­lique, par temps nua­geux. Il s’agirait en fait d’un hole punch cloud, un bête trou dans un nuage. Ce genre de nuage appa­rait quand des gouttes d’eau sont  en sus­pen­sion dans le ciel et ne trouvent pas de grains de pous­sière pour former un noyau de glace. Lorsque la congé­la­tion se pro­duit, la fine couche de glace tombe sur Terre, lais­sant une magni­fique porte spatio-temporelle.

Le nuage de Moscou serait donc un phé­no­mène météo­ro­lo­gique très rare mais expli­cable. Moi, avec mon côté foui­neur, je me suis quand même posé des ques­tions sur la vidéo. Des mil­lions de gens voient un événe­ment mys­té­rieux, et il n’y en a qu’un seul pour le pho­to­gra­phier? ça aussi, c’est rare.

Alors j’ai cherché des sources un peu plus cré­dibles que les cen­taines de sites conspi­ra­tion­nistes qui se refilent la vidéo comme un mor­pion transgénique.

Il était une fois une vidéo

Tout a com­mencé par une vidéo filmée avec un télé­phone por­table à l’ouest de Moscou, sur le péri­phé­rique, et envoyée sur le site de mreporter.ru, une sorte de you­tube russe pour les repor­ters amateurs.

La vidéo a été postée sur mre­porter le 07 octobre à 13H44  et elle aurait été filmée à midi. Gardez l’info en tête, elle a son importance.

Sur mre­porter, les com­men­taires en russe (merci google trad) confirment que le ciel était étrange ce jour-là :

1. un pre­mier témoin explique qu’il a appelé la sta­tion météo et qu’on lui a répondu qu’une tor­nade s’était dirigée vers Moscou et avait ensuite dis­paru. Un héli­co­ptère aurait été envoyé pour ana­lyser le nuage.

2. Un autre inter­naute confirme qu’il a vu l’hélicoptère mais que ce n’est pas du tout la saison des tornades.

3. Un troi­sième témoin a observé que l’hélico a fait un cercle rapide près du nuage et est reparti.

Un héli­co­ptère envoyé pour sur­veiller un nuage? Très Independance day, ça.

La vidéo cir­cule alors rapi­de­ment sur le net et  per­sonne n’a d’explication sur le nuage.  Heureusement que le gou­ver­ne­ment russe veille au grain.

Les médias entrent en scène

Le soir même, à 19h00, le site internet de Vesti, la chaîne d’infos de l’État, publie un article ras­su­rant. Vesti cite curieu­se­ment le com­men­taire de l’internaute à qui la sta­tion météo a parlé d’une tor­nade fantôme.

ovnis autour du halo de moscou? image empruntée à area51blog.files.wordpress.com

ovni? Oiseau? Hélico?

Problème: cet article est paru une demi-heure après que l’internaute en ques­tion a parlé de la tor­nade. Pourquoi le jour­na­liste n’a-t-il pas demandé confir­ma­tion auprès de la sta­tion météo? A moins que le com­men­taire de l’internaute soit arrivé comme un cheveu sur la soupe et qu’il a bien fallu en faire quelque chose.

Pendant ce temps, des inter­nautes aux yeux de lynx ont repéré un point noir bizarre volant autour du halo. Ovni, oiseau, hélico? Vesti laisse ça de côté et ne men­tionne même pas l’hélico envoyé en repé­rage. Ha mais c’est vrai, quand le jour­na­liste a écrit son article, l’histoire de l’hélico n’avait pas encore été postée sur mreporter.

La chaîne pré­si­den­tielle dif­fuse le soir-même la vidéo avec une expli­ca­tion ration­nelle. Sur le net, des rumeurs parlent du projet HAARP ou d’une expé­rience secrète, comme au bon vieux temps soviétique.

Le len­de­main 8 octobre à 14h et des pous­sières, le site de Vesti rajoute donc une couche, avec les com­men­taires d’un spé­cia­liste du Service d’hydrométéorologie national: on  parle d’un simple effet d’optique et d’un trou créé par la ren­contre de plu­sieurs fronts et d’un cou­rant venant de l’Arctique.

Ok, mais… Où est passée cette fichue tor­nade?
Pouf, on n’en parle plus! Et un pro­blème d’éliminé, un!
Par contre le spé­cia­liste jus­tifie l’illusion d’optique en expli­quant que si on regarde bien la vidéo, on peut voir les rayons du soleil cou­chant… Vous vous sou­venez de l’heure à laquelle le nuage a été filmé? Midi. Moi, j’appelle ça une méga boulette.

En ensuite? La machine à fabri­quer des infos se met en mode rou­leur com­pres­seur. Des sites internet et des télés russes répètent en boucle les expli­ca­tions de la chaîne du gou­ver­ne­ment et les médias anglais prennent le relais au niveau mon­dial. Sauf que sur you­tube, on frôle l’hystérie collective.

Et pen­dant tout ce temps, per­sonne ne demande aux mos­co­vites ce qu’ils ont vu.

J+2: tout va très bien, madame la marquise

9 octobre. 15H Soit deux jours après le halo mys­té­rieux. Vesti rabâche encore « ce n’est qu’un nuage, dormez bonnes gens », à la fois sur sa radio (quand on vous dit que la voix du peuple, c’est eux) et sur le site internet. Cette fois, pas de petit météo­ro­logue qui ne sait même pas quand le soleil se couche. Vesti a enrôler une éminente spé­cia­liste du centre d’observation du temps (FOBOS) pour expli­quer com­ment s’est formé le trou dans le nuage. Trois jours pour expli­quer le phé­no­mène, ce sont des rapides. Re-speech sur l’absence de lien entre halo cir­cu­laire et pol­lu­tion. Et petite phrase qui a dû sonner désa­gréa­ble­ment dans l’oreille de beau­coup de russes: pour l’instant, on ne sait pas si cela peut avoir des effets néga­tifs sur la santé humaine.

La ques­tion qui vaut son pesant de roubles: COMMENT UN EFFET D’OPTIQUE DANS UN NUAGE POURRAIT AVOIR DES EFFETS NEGATIFS SUR LA SANTE?

Oups,  voilà que moi aussi je suis pris de conspi­ra­tion­niste aigue, j’écris tout en majus­cules et bientôt ça sera en gras et en rouge.

Et où sont les témoi­gnages des habitants?

Circulez, y a rien à voir

Alors le soir-même Vesti revient lour­de­ment sur le sujet, sur le ton de « la météo­ro­logie de Moscou ne ces­sera jamais de nous étonner, ha ha ha.« 

Et là on insiste sur le fait que le halo n’a duré que 15 petites minutes.  Et puis d’ailleurs ce n’est pas un nuage, mais un écart entre des nuages. Et coincé entre deux tranches de bul­letin météo, une petite info: cer­tains habi­tants de la ville (inter­nautes?) ont crû à une inva­sion extra­ter­restre. C’est vrai aussi que depuis quelques mois, de plus en plus de russes et d’habitants de pays de l’est parlent de lumières étranges dans le ciel, de nuages bizarres et d’objets volants. Il va bien fal­loir en parler, à un moment ou un autre, non?

Monsieur météo pense alors faire diver­sion pour évacuer la thèse ovni et commet sa deuxième grosse bou­lette: au début, il a pensé à une dis­per­sion méca­nique des nuages où on aurait un peu trop forcé sur la dose de pro­duits chi­miques (on ense­mence les nuages avec des pro­duits chi­miques ou du sel pour que le pluie tombe).

Là, on com­prend mieux le mes­sage dif­fusé un peu plus tôt qui expli­quait que le nuage n’était pas dan­ge­reux. Et on se demande sérieu­se­ment si ce n’est pas ça, le fond de l’histoire. Parce que fran­che­ment, les scien­ti­fiques ont sur­tout l’air d’avoir été pris de court par un événe­ment inat­tendu et de ne pas avoir beau­coup d’infos sur ce qui s’est vrai­ment passé. D’où, sans doute, le fait que plus per­sonne ne reparle de cette embar­ras­sante tor­nade fantôme.

Enfin une autre image du mys­té­rieux nuage!

le nuage circulaire du 7 octobre sur mreporter

Le 29 octobre, soit 22 jours après l’apparition du nuage troué, une nou­velle image débarque mys­té­rieu­se­ment sur mre­porter. Tiens, c’est mar­rant, on dirait que le soleil se couche. Et puis tiens, il est vache­ment moins impres­sion­nant ce nuage. Là, on peut se dire qu’était vrai­ment un effet d’optique. Ouf, on a eu peur.

Vous croyez vrai­ment tout ce qu’on vous dit? Le diable se cache dans les détails.

Enième bou­lette du gou­ver­ne­ment russe : la pho­to­gra­phie a été prise le 7 octobre, à 13h (heure de moscou), soit une heure après la vidéo du nuage. Vous voyez ce beau cercle?  Il nous dit gen­ti­ment que le trou dans le nuage a duré plus d’une heure, alors que les scien­ti­fiques affir­maient que toute l’affaire n’avait duré que 15 minutes. Et si le nuage est apparu à l’heure du déjeuner, pour­quoi le ciel est-il rose comme en fin de journée?


Un mois plus tard, il reste tou­jours des points d’interrogation

Moscou est la ville la plus peu­plée d’Europe (10,22 mil­lions d’habitants) et le nuage était visible au moment où les gens sortent du bureau pour déjeuner. Cette simple réa­lité m’amène à me poser plu­sieurs questions:

1. Pourquoi aucune autre image ou vidéo de ce nuage n’a été publiée?

2.Pourquoi aucun média n’a enquêté sur cette mys­té­rieuse tor­nade fan­tôme qui a pré­cédé l’apparition du nuage?

3. Est-ce qu’il existe d’autres témoi­gnages? Et si oui, où sont-ils passés?

Sérieusement, à l’heure ou les gens pho­to­gra­phient tout et n’importe quoi pour ensuite le balancer sur des sites type you­tube, j’ai vrai­ment du mal à croire au trou dans un nuage que pra­ti­que­ment per­sonne n’aurait vu. Et un ciel d’apocalypse visible pen­dant près d’une heure, au-dessus de la capi­tale, sans qu’aucune chaîne de télé locale ou étran­gère ne pense à immor­ta­liser l’instant, ça me semble tout aussi peu cré­dible. Mais s’il ne s’agit pas d’un canular, cela veut dire que quelque chose s’est pro­duit au-dessus de Moscou et que la Russie est suf­fi­sam­ment puis­sante et bien orga­nisée pour que rien ne filtre. Et là, je ne sais pas pour­quoi, je ne me sens pas du tout ras­suré par cette possibilité.


Amis cyborgs, ouvrons l’œil.

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Message subliminal

sugaar
14 novembre 2009

Un mes­sage sub­li­minal est un sti­mulus incor­poré dans un objet, conçu pour être perçu à un niveau au-dessous du niveau de conscience.

Des cher­cheurs du University College de Londres ont récem­ment décou­vert que des per­sonnes réagissent incons­ciem­ment à des flashs d’images et de mots, sur­tout si leur contenu est négatif. Ces flashs changent leur pensée et peuvent altérer l’humeur.

« Nous avons montré que les gens peuvent per­ce­voir la valeur émotion­nelle de mes­sages sub­li­mi­naux et avons démontré de façon concluante que les gens sont beau­coup plus récep­tifs aux mots néga­tifs », a dit le pro­fes­seur Nilli Lavie, qui mena la recherche.

Le pro­fes­seur Lavie croit que la capa­cité à relever de façon sub­cons­ciente des signaux flot­tants pour­rait s’être déve­loppée comme une façon de déceler les menaces dans notre envi­ron­ne­ment : « Nous ne pou­vons pas attendre que notre conscience nous pousse si nous voyons quelqu’un courir vers nous avec un cou­teau », dit-elle.

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Cette insurrection qui ne vient pas

sugaar
10 novembre 2009

Deux mois.

Deux mois que l’œil de verre du pré­sident Simons regarde la France de tra­vers. Deux mois de soup­çons et d’anathèmes, de chasses à l’homme et de confes­sions ad nauseam.

Où est-elle, cette insur­rec­tion dont tout le monde parle mais que per­sonne ne voit ? Que contient-elle vrai­ment, cette révolte offerte comme un vul­gaire baril de les­sive, avec son bonus en plas­tique et son parfum cheap ?
Dans les rues de Paris, rien ne résonne si ce n’est l’habituel vacarme des légions cas­quées.  C’est une paix métal­lique que l’on nous a vendu. Et nous nous réveillons, secrè­te­ment. Floués. Le corps rompu. Dans de sales draps.

Ce matin, les jour­naux télé­visés se sont ras­sa­siés des inci­dents qui auraient eu lieu à Paris, à la fin des célé­bra­tions du ving­tième anni­ver­saire de la chute du mur de Berlin.

Entre autres réjouis­sances musi­cales, la soirée fut ponc­tuée de « Zemly vérité! » et « Vaillon démis­sion » qui saluèrent l’apparition puis l’escamotage du pre­mier ministre.
Les enfants sau­vages riaient. L’œil de Simons était sur eux.

D’après TN1, hier à minuit, des jeunes enca­goulés, vêtus de noir, munis de briques et de mar­teaux, des anar­chistes en somme, auraient remonté les Champs-Élysées. Admirez comme tout cela est précis.

Hier, à minuit. Que signi­fiait l’Arc de Triomphe ?

« Trois cents arrestations. »

J’étais là.

Place de la Concorde. Mes habits noirs ne sont pas ceux des anar­chistes. Je suis ano­nyme entre les ano­nymes. Nous chan­tons. Nous sommes légions. Nous sommes en marche.
Voix publiques. Zemly vérité ! L’œil de Simons est sur nous.
Refus de cir­culer ? Désordre. Des ordres.
L’œil de Simons est sur moi.

Fumées. A terre. Tes mains. Debout. Entre. Assis. Sors. Entre. Assis. Papiers. Ta bouche. ADN. Ta bouche. Dehors.

Quelles briques ? Quels mar­teaux ? Quels fumiers.

Aujourd’hui.
Malgré nos yeux cernés et nos vies empoi­gnées, nous savons que Cherny Zemly, l’homme à l’oiseau noir et tous ces ennemis inconnus n’ont aucune impor­tance. Concorde, Triomphe ou champ de bataille, ne voyez  qu’un énième simu­lacre d’évènement. Des images pré­textes dont l’obscénité n’existe que pour pré­céder, et donc jus­ti­fier, une nou­velle loi de méfiance. Leurs lois. Nos vies.

L’insur­rec­tion est –elle un jeu ? Alors jouons ensemble.

Action. Agiter le chiffon rouge du chaos.
Réaction. La peur para­lyse ceux qui croient avoir tout à perdre.
Écran noir. Dormez.

Action. Déployer la puis­sance de l’Ordre dans un spec­tacle per­ma­nent.
Réaction. La foule hyp­no­tisée rêve d’avoir encore quelque chose à perdre.
Écran noir. Dormez.

Action. Ignorer que ceux qui n’ont plus rien à perdre se moquent des triomphes et des murs.
Réaction. Ne pas voir que l’insurrection est déjà là.

Écran noir. Zemly vérité.

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Ceci n’est pas un jeu

sugaar
1 novembre 2009

« La police invite toute la popu­la­tion du sec­teur d’Elm Terrace à pro­céder comme suit : Que dans chaque rue chaque habi­tant de chaque maison ouvre sa porte côté rue ou côté jardin ou regarde à ses fenêtres. Le fugitif ne peut s’échapper si chacun regarde dehors dans la minute qui suit. Prêts ! « 

Ray Bradbury, Fahrenheit 4511953

Aujourd’hui, la France est le pre­mier pays à avoir montré les dérives d’un sys­tème pseudo ludique com­bi­nant vidéo sur­veillance et pré­somp­tion de culpabilité.

Ce matin, l’un des com­plices pré­sumés de L.M de Cherniepresque été arrêté grâce à des vidéos de sur­veillance pira­tées. Cette impro­bable traque, qui tient le pays en haleine depuis trois semaines, est à la fois illé­gale et immo­rale. Elle se déroule pour­tant avec l’accord tacite des auto­rités, comme dans la pire des dystopies.

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Selon un récent rap­port du gou­ver­ne­ment américain, les vic­times de la grippe pour­raient embou­teiller le réseau internet, en mul­ti­pliant les connexions « gour­mandes » comme le télé­char­ge­ment de vidéos ou les jeux en ligne.  Il serait alors impos­sible de com­mu­ni­quer ou d’effectuer des tran­sac­tions vitales pour la sécu­rité publique et l’économie.
Le dépar­te­ment de la Sécurité Intérieure, chargé des télé­com­mu­ni­ca­tions en cas d’urgence natio­nale, ne dis­pose cepen­dant d’aucune stra­tégie pour faire face à une explo­sion des connexions à internet. L’état d’urgence ayant été déclaré le 24 octobre der­nier, la satu­ra­tion du réseau devrait donc être atteinte avant la mi-novembre.

Pour l’heure, les États-Unis res­tent les seuls à envi­sager sérieu­se­ment cette consé­quence de l’épidémie de grippe.

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Puissance. L’individu capté par la foule est un héros ordi­naire pour qui l’impossible n’existe pas.
Celui-ci, qui se croyait faible, se découvre invin­cible par la seule force du nombre. On le disait invi­sible et le voilà, par­tout, ivre de sa propre voix. Il n’est plus perdu. Il sait.

Je sais que tu sais que je sais qu’ils savent que nous savons… Puisqu’on nous le dit.

Contagion. Comme le prouvent les rumeurs tou­jours crois­santes, les esprits s’allument sur la place.
Que scande-t-on, les soirs de grands bals ? Je suis le maître du jeu.
L’ennemi est désigné.

les soldats sont en marche

Crédulité. Parmi nous, entre nous, contre nous… Il se chu­chote comme un cri de ral­lie­ment.
Ils ne savent pas à qui ils ont affaire !
C’est la hache de Damoclès qui plane sur leurs têtes.

Et chacun cède joyeu­se­ment à ses ins­tincts refoulés.

Ce n’est déjà plus de la haine, c’est de l’horreur ; on ne menace plus, on écume.

Mais qui sont ces féroces sol­dats qui sifflent sous nos fenêtres ? Chantonne le père Ubu.

Des auto­mates.
La poi­trine grande ouverte, ils laissent tou­cher le méca­nisme de leur volonté et la pous­sière de leurs vertus.
On en rit encore, à la Lanterne.

Et pour­tant… La peste est notre affaire à tous.

La créa­tion des légendes qui cir­culent si aisé­ment parmi les foules n’est pas seule­ment le résultat d’une cré­du­lité com­plète, mais encore des défor­ma­tions pro­di­gieuses que subissent les événe­ments dans l’imagination d’individus assem­blés. L’événement le plus simple vu par la foule est bientôt un événe­ment défi­guré. Elle pense par images, et l’image évoquée en évoque elle même une série d’autres sans aucun lien logique avec la pre­mière, Nous conce­vons aisé­ment cet état en son­geant aux bizarres suc­ces­sions d’idées où nous conduit par­fois l’évocation d’un fait quel­conque. La raison montre l’incohérence de pareilles images, mais la foule ne la voit pas ; et ce que son ima­gi­na­tion défor­mante ajoute à l’événement, elle le confondra avec lui. Incapable de séparer le sub­jectif de l’objectif, elle admet comme réelles les images évoquées dans son esprit, et ne pos­sé­dant le plus sou­vent qu’une parenté loin­taine avec le fait observé.

Du moment qu’ils sont en foule, l’ignorant et le savant deviennent égale­ment inca­pables d’observation.

Gustave Le Bon, « Psychologie des foules », (1895).

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douleur

Ma com­plice cybor­blog­gueuse ayant joyeu­se­ment détri­coté toutes les jolies petites ondes qui tournent autour de nos têtes,  ici et ,  je n’allais pas rester insen­sible à la question.

Alors, les ondes, ça vous gra­touille ou ça vous chatouille?

Doctopédia : La sen­si­bi­lité élec­tro­ma­gné­tique (ou électro-sensibilité, ou électro-hypersensibilité est un trouble dans lequel une per­sonne subit des symp­tômes phy­siques ou psy­cho­lo­giques qui sont causés ou aggravés par des champs ou des ondes électromagnétiques.

En gros, les gens aller­giques aux ondes élec­tro­ma­gné­tiques sont plutôt mal barrés, vu qu’on est com­plè­te­ment cernés par elles. Stress, insomnie, envies sui­ci­daires, migraines… L’enfer à portée d’ondes!
Il  a même des gens qui en souffrent tel­le­ment qu’ils sont obligés de fuir la ville.

Perso, j’ai ten­dance à ricaner quand quelqu’un me dit que l’antenne-relais du quar­tier l’empêche de dormir.  Mais la semaine der­nière  les ondes trop fortes d’un por­tique de sécu­rité ont déréglé mon implant cochléaire, et depuis j’ai des acou­phènes, je me sens tout patraque et je me demande si je ne suis pas vic­time de ces fichues ondes, moi aussi. D’après mon médecin, tout est ok, d’après ma coblog­gueuse, ça sur­chauffe grave sous mon casque de cyborg. Mouais.

Et la tête, elle va bien la tête?

Bah en Suède, pas trop. 230 000 per­sonnes (2,5% de la popu­la­tion!) disent souf­frir d’hypersensibilité élec­tro­ma­gné­tique. C’est énorme. Bizarre bizarre, beau­coup d’entre eux tra­vaillent pour des com­pa­gnies de télé­com­mu­ni­ca­tions ou des construc­teurs de por­tables. Le gou­ver­ne­ment sué­dois, dans sa grande sagesse, recon­nait offi­ciel­le­ment que l’hypersensibilité aux ondes est un han­dicap. En France, c’est pas demain la veille que ça arrivera.

En sur­fant sur le ouèbe, j’ai aussi déniché une décla­ra­tion de l’ancienne pre­mier ministre nor­vé­gienne Gro Harlem Brundtland. Madame dit que les ondes lui font souf­frir le martyr. Elle est aussi médecin et ex direc­trice géné­rale de l’OMS: « Certaines per­sonnes déve­loppent une sen­si­bi­lité à l’électricité et aux radia­tions d’équipements tels que les télé­phones por­tables et les PC. Si cette sen­si­bi­lité peut amener à être confronté à des effets sur la santé comme le cancer ou d’autres mala­dies, nous ne le savons pas encore. Mais je pense que nous devrions suivre le prin­cipe de pré­cau­tion, sur­tout pour nos enfants ».

Malgré ça, l’hypersensibilité, l’OMS n’y croit pas. Ou a d’autres chats à fouetter. Ou a intérêt à regarder ailleurs. Bref, rien n’est fait pour étudier le cas des hyper­sen­sibles et trouver une solution.

L’évolution n’avait pas prévu le télé­phone portable!

Iphone m'a tué

Retour en Suède avec le pro­fes­seur Olle Johansson de l’institut Karolinska. D’après lui,  les champs élec­tro­ma­gné­tiques per­turbent notre sys­tème immu­ni­taire.
Celui-ci s’est déve­loppé sous l’influence des radia­tions du soleil et du champ élec­tro­ma­gné­tique sta­tique de la Terre, pas avec les ondes élec­tro­ma­gné­tiques qu’on uti­lise dans tous nos gad­gets ultra modernes. Le sys­tème immu­ni­taire des gens élec­tro­sen­sibles réagit en fait de façon exa­gérée à des agres­sions d’un type inconnu. Un peu comme les per­sonnes qui sont aller­giques à la pous­sières ou à des médi­ca­ments. Sauf que les champs élec­tro­ma­gné­tiques tra­versent tout notre corps. Ouch!

Et demain, on aura quoi? Des cen­taines de mil­lions de per­sonnes trop malades pour bosser ou pour faire leurs courses, qui passent leur jour­nées chez le médecin et leurs vacances chez le psy… Pas joyeux tout ça mais au moins ils auront plus de temps pour faire joujou avec leur por­table der­nier cri. Tellement der­nier cri que faudra pas vous étonner si on finit par trouver sur une pierre tom­bale: Iphone m’a tuer.

Le rhume des ondes, plus dan­ge­reux que la grippe H1N1? Amis cyborgs, ouvrons l’œil.

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l’instinct de troupeau

sugaar
9 octobre 2009

Comprendre la foule, c’est com­prendre com­ment la mani­puler. Il s’agit de cap­turer l’âme collective.

Nous avons dit qu’un des carac­tères géné­raux des foules est une sug­ges­ti­bi­lité exces­sive, et montré com­bien, parmi toute agglo­mé­ra­tion humaine, une sug­ges­tion est conta­gieuse ; ce qui explique l’orientation rapide des sen­ti­ments vers un sens déterminé.

Gustave Le Bon, Psychologie des foules, 1895

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