sauvons les cyborgs !

L'Histoire est un mensonge que personne ne conteste.

Cette insurrection qui ne vient pas

sugaar
10 novembre 2009

Deux mois.

Deux mois que l’œil de verre du pré­sident Simons regarde la France de tra­vers. Deux mois de soup­çons et d’anathèmes, de chasses à l’homme et de confes­sions ad nauseam.

Où est-elle, cette insur­rec­tion dont tout le monde parle mais que per­sonne ne voit ? Que contient-elle vrai­ment, cette révolte offerte comme un vul­gaire baril de les­sive, avec son bonus en plas­tique et son parfum cheap ?
Dans les rues de Paris, rien ne résonne si ce n’est l’habituel vacarme des légions cas­quées.  C’est une paix métal­lique que l’on nous a vendu. Et nous nous réveillons, secrè­te­ment. Floués. Le corps rompu. Dans de sales draps.

Ce matin, les jour­naux télé­visés se sont ras­sa­siés des inci­dents qui auraient eu lieu à Paris, à la fin des célé­bra­tions du ving­tième anni­ver­saire de la chute du mur de Berlin.

Entre autres réjouis­sances musi­cales, la soirée fut ponc­tuée de « Zemly vérité! » et « Vaillon démis­sion » qui saluèrent l’apparition puis l’escamotage du pre­mier ministre.
Les enfants sau­vages riaient. L’œil de Simons était sur eux.

D’après TN1, hier à minuit, des jeunes enca­goulés, vêtus de noir, munis de briques et de mar­teaux, des anar­chistes en somme, auraient remonté les Champs-Élysées. Admirez comme tout cela est précis.

Hier, à minuit. Que signi­fiait l’Arc de Triomphe ?

« Trois cents arrestations. »

J’étais là.

Place de la Concorde. Mes habits noirs ne sont pas ceux des anar­chistes. Je suis ano­nyme entre les ano­nymes. Nous chan­tons. Nous sommes légions. Nous sommes en marche.
Voix publiques. Zemly vérité ! L’œil de Simons est sur nous.
Refus de cir­culer ? Désordre. Des ordres.
L’œil de Simons est sur moi.

Fumées. A terre. Tes mains. Debout. Entre. Assis. Sors. Entre. Assis. Papiers. Ta bouche. ADN. Ta bouche. Dehors.

Quelles briques ? Quels mar­teaux ? Quels fumiers.

Aujourd’hui.
Malgré nos yeux cernés et nos vies empoi­gnées, nous savons que Cherny Zemly, l’homme à l’oiseau noir et tous ces ennemis inconnus n’ont aucune impor­tance. Concorde, Triomphe ou champ de bataille, ne voyez  qu’un énième simu­lacre d’évènement. Des images pré­textes dont l’obscénité n’existe que pour pré­céder, et donc jus­ti­fier, une nou­velle loi de méfiance. Leurs lois. Nos vies.

L’insur­rec­tion est –elle un jeu ? Alors jouons ensemble.

Action. Agiter le chiffon rouge du chaos.
Réaction. La peur para­lyse ceux qui croient avoir tout à perdre.
Écran noir. Dormez.

Action. Déployer la puis­sance de l’Ordre dans un spec­tacle per­ma­nent.
Réaction. La foule hyp­no­tisée rêve d’avoir encore quelque chose à perdre.
Écran noir. Dormez.

Action. Ignorer que ceux qui n’ont plus rien à perdre se moquent des triomphes et des murs.
Réaction. Ne pas voir que l’insurrection est déjà là.

Écran noir. Zemly vérité.

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Ceci n’est pas un jeu

sugaar
1 novembre 2009

« La police invite toute la popu­la­tion du sec­teur d’Elm Terrace à pro­céder comme suit : Que dans chaque rue chaque habi­tant de chaque maison ouvre sa porte côté rue ou côté jardin ou regarde à ses fenêtres. Le fugitif ne peut s’échapper si chacun regarde dehors dans la minute qui suit. Prêts ! « 

Ray Bradbury, Fahrenheit 4511953

Aujourd’hui, la France est le pre­mier pays à avoir montré les dérives d’un sys­tème pseudo ludique com­bi­nant vidéo sur­veillance et pré­somp­tion de culpabilité.

Ce matin, l’un des com­plices pré­sumés de L.M de Cherniepresque été arrêté grâce à des vidéos de sur­veillance pira­tées. Cette impro­bable traque, qui tient le pays en haleine depuis trois semaines, est à la fois illé­gale et immo­rale. Elle se déroule pour­tant avec l’accord tacite des auto­rités, comme dans la pire des dystopies.

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Les mouches

sugaar
21 octobre 2009

Hier matin, le ministre de l’intérieur Georges Foulché a inau­guré le nou­veau sys­tème de sur­veillance assisté par micro drones.  Ce sys­tème, qui  existe en fait depuis 2007 dans les ban­lieues les plus sen­sibles, est déployé à pré­sent sur l’ensemble du Grand Paris et devrait s’étendre, d’ici la fin de l’année, à l’ensemble des grands pôles urbains. Les drones uti­lisés dis­posent de caméras de sur­veillance. Un modèle , encore au stade expé­ri­mental mais qui devrait être opé­ra­tionnel l’été pro­chain, embar­quera égale­ment un dis­po­sitif de neu­tra­li­sa­tion non létal. C’est à dire un Taser.

Où se trou­vaient les jour­na­listes, hier matin ?  Les plus dociles gar­daient le nez en l’air et la caméra bra­quée sur l’incroyable ministre. Les plus témé­raires fouillaient dans des cad­dies. Une curieuse fré­nésie s’est en effet emparée de quelques ména­gères. Elles fai­saient des stocks. S’agissait-il de la peur d’une attaque nucléaire qui obli­ge­raient chacun à vivre dans une cave humide ? Non. L’angoisse d’un nou­veau virus, un croi­se­ment en la grippe Tsé tsé et l’ébola N1 ? Non plus. Ses ména­gères stockent  les rou­leaux de feuilles d’aluminium. L’enjeu ? Protéger le crâne de leurs progéniture.

Au journal de TN1, l’une de ces matrones pré­cau­tion­neuses bran­dis­sait un texte pho­to­copié, en guise d’explication. Un quatrain.

« Tout à l’entour la Grand’cité

Gestes las et  pen­sées âcres.

Par les mouches déterrés,

Et chantés en simu­lacres. »

Les vers de Cherny Zemly sont lim­pides, à ce qu’il parait. Les drones du ministre dif­fusent des ondes capables de trans­former de pai­sibles habi­tants en mou­tons méca­niques.
Pourtant, nul besoin d’ondes mys­té­rieuses pour atteindre un pareil résultat.

Mouche d’argent et cha­peau d’aluminium

L’idée que l’on peut mani­puler d’autres per­sonnes à dis­tance, grâce à des ondes, nous vient de la guerre froide et des expé­riences menées par les sovié­tiques et les Américains.
Au début des années 60, alors qu’ils recher­chaient des micros à l’ inté­rieur de leur ambas­sade à Moscou , les Américains auraient décou­vert d’étranges radia­tions émises der­rière leurs murs : les sovié­tiques auraient mis au point des géné­ra­teurs sti­mu­la­teurs d’ impul­sions micro-ondes qui devaient per­turber la pensée des diplo­mates. Le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain se serait aus­sitôt lancé dans la recherche d’armes simi­laires. La course à l’armement psy­cho­tro­nique était lancée.

Dès le milieu des années 70, les Américains auraient réussi à créer l’arme ultime, capable, grâce à des ultra sons ou des micro ondes selon les ver­sions, de non seule­ment modi­fier les sen­sa­tions et les émotions humaines, mais aussi, sur­tout, de faire résonner tout un dis­cours dans la tête d’un mal­heu­reux cobaye.

Les conspi­ra­tion­nistes prêtent aux armes psy­cho­tro­niques des pro­priétés incroyables. Ils pensent que tout gou­ver­ne­ment démo­cra­tique qui se res­pecte pos­sède un arsenal secret dont il use et abuse contre son propre peuple.
Étran­ge­ment, les conspi­ra­tion­nistes ne s’étonnent pas lorsque les popu­la­tions de ces pays liber­ti­cides mani­festent et se sou­lèvent contre leurs diri­geants indignes. Les conspi­ra­tion­nistes ne remarquent pas que des gué­rillas conti­nuent d’éclater à tra­vers le monde, et qu’aucune arme ne semble pou­voir y mettre fin.
Les conspi­ra­tion­nistes ne voient pas que les tech­niques uti­li­sées pour contraindre les esprits demeurent glo­ba­le­ment les mêmes depuis des siècles et des mil­lé­naires. L’arme la plus puis­sante, c’est la peur.

Aujourd’hui, les conspi­ra­tion­nistes lèvent les yeux et pensent que des mouches d’argent vont s’emparer de leurs pensées.

Et pour cela, ils portent des cha­peau d’aluminium. Il faut croire que le port de l’entonnoir est passé de mode.

Alors ils vont porter de jolis cha­peaux et, au cas où, bien se com­porter.
Puisqu’il se savent sur­veillés, ils feront en sorte de ne rien faire de répré­hen­sible. Ils mar­che­ront dans les clous. Regarderont sage­ment le journal télé­visé. Ils se diront mani­pulés mais ils le diront de moins en moins. Ils se feront à l’idée et ne chan­ge­ront pas de chaîne. Ils se diront qu’ils n’ont pas le choix, au fond. Et puis que de toute façon, ce n’est pas plus mal, d’être sur­veillés. Non, pas sur­veillés. Protégés. Le soir, en pre­nant le frais à la fenêtre, ils admi­re­ront le ballet des mouches d’argent et trou­ve­ront cela presque ras­su­rant. Puisque per­sonne ne viendra les cher­cher, eux qui n’ont rien fait. Et puis ils enlè­ve­ront leur cha­peau d’aluminium et fini­ront par se coucher.

Au moment d’éteindre la lumière, peut-être auront-ils une pensée fugace. Qui les regarde, en fait ? Mais cela n’aura plus aucune impor­tance. Et pen­dant qu’ils dor­mi­ront, bien sage­ment, les mouches d’argent feront ce que toutes les mouches du monde font. Elles se reproduiront.

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Voir à tra­vers les murs n’est pas une nouveauté.

Les radio­fré­quences tra­versent des sur­faces aussi dif­fé­rentes que le béton, les arbres ou la fumée.
Les forces spé­ciales amé­ri­caines et fran­çaises dis­posent déjà du Prism 200, du Xaver 400 et de plu­sieurs autres radars por­ta­tifs qui tra­duisent en images 3D le dépla­ce­ment des per­sonnes et des objets perçus à tra­vers des murs.

Récemment, deux cher­cheurs amé­ri­cains ont créé un réseau d’ondes radios en wifi qui permet lui aussi de tra­quer les mou­ve­ments der­rière des murs.

système radio tomographique et image générée par ordinateur

le sys­tème de radio tomo­gra­phie et l’image générée par ordinateur

A la dif­fé­rence des radars, le sys­tème de radio tomo­gra­phie inventé par Neal Patwarid et Joey Wilson uti­lise un signal radio pas­sant à tra­vers 34 émetteurs-récepteurs pour tra­quer les mou­ve­ments. Les « ombres » créées par ces mou­ve­ments dans les ondes radios sont ensuite conver­ties en images grâce à un pro­gramme informatique.

Ce sys­tème uti­lise des ondes radios cinq cent fois plus faibles que celles d’un télé­phone portable

Repérer les otages et les consommateurs

La radio tomo­gra­phie en wifi pour­rait aider la police, les pom­piers et les équipes de secou­risme en cas de prise d’otages. Elle est égale­ment moins oné­reuse et plus pré­cise qu’un radar.

D’après Wilson, elle pour­rait aussi être uti­lisée pour ana­lyser le com­por­te­ment des clients : « Je pense aux bou­tiques et aux com­merces d’alimentation. Ils dépensent beau­coup d’argent pour déter­miner ‘où devons-nous mettre les céréales, où devons-nous mettre le lait, où devons-nous mettre le pain?’ Si je peux offrir cette infor­ma­tion en uti­li­sant la radio tomo­gra­phie, c’est une bonne affaire. »

Qu’en est-il du droit à la vie privée ? Les inven­teurs du sys­tème sont caté­go­riques , il « pro­cure des images en temps réel de l’emplacement et des mou­ve­ments des per­sonnes mais ne peut pas être uti­lisé pour les identifier. »

En France, le ministre de l’intérieur Georges Foulché s’est déclaré par­ti­cu­liè­re­ment inté­ressé par la mise en place d’un tel sys­tème dans des lieux dits  « sen­sibles. » Reste à définir leur sensibilité.

Les limites de  la science-fiction

Les radars peuvent détecter les indi­vidus mais seul un dis­po­sitif de tra­çage, comme une puce RFID, permet d’identifier celui qui se cache der­rière un mur.
Pourtant, la semaine der­nière, la publi­ca­tion des élucu­bra­tions de Cherny Zemly a réac­tivé une vieille théorie conspi­ra­tion­niste : des indi­vidus seraient tra­qués grâce aux ondes élec­tro­ma­gné­tiques émises par leurs cer­veaux. Heureusement, les citoyens lambdas ne sont pas concernés. D’après les écrits de Zemly, quelques rares per­sonnes émettent un champ élec­tro­ma­gné­tique par­ti­cu­lier, une sorte de signa­ture céré­brale hors normes. Des scien­ti­fiques aux noirs des­seins auraient conçu un radar pour retrouver ces per­sonnes. Les adeptes du New Age connaissent cette signa­ture depuis long­temps et lui ont même donné un nom : l’aura.

Pister des per­sonnes grâce à leur aura, on appelle cela de la science-fiction.

Tout comme le Big Mac et les dos­siers X files, cette théorie est née aux États-Unis. De temps à autre, elle est régur­gitée par une poi­gnée de para­noïaques téta­nisés à l’idée que quelqu’un, quelque part, en veut à leurs cerveaux.

Il y a quatre ans, le site mind­con­trol affir­mait déjà que la NSA – les ser­vices amé­ri­cains de sécu­rité inté­rieure – sur­veille des per­sonnes en tra­çant leur champ élec­tro­ma­gné­tique.
Que les déten­teurs d’auras sur­puis­santes se ras­surent. En réa­lité, la tech­no­logie a quelques trains de retard sur l’esprit fié­vreux des conspi­ra­tion­nistes. Les champs élec­triques et magné­tiques générés par le cer­veau sont insi­gni­fiants; leur inten­sité est même moindre que les ondes élec­tro­ma­gné­tiques qui  trans­mettent l’information audio­vi­suelle.
Celui qui, magi­que­ment, pro­duira un champ suf­fi­sam­ment fort pour le dis­tin­guer de la foule des humains ordi­naires ne pourra guère s’en vanter. Aussitôt pro­duit, le champ le tuera. Il grillera lit­té­ra­le­ment sur place.

Les supers héros ont la vie courte.

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un nuage bizarre apparait au-dessus de moscou

Manu le Cyborg
11 octobre 2009

Mais qu’est-ce qu’il se passe dans le ciel? Certains disent que le projet HAARP a entouré la Terre d »un man­teau élec­tro­ma­gné­tique pour mani­puler nos ondes céré­brales, et que l’on va voir, de plus en plus, des choses étranges au-dessus de nos têtes. Et si vous ne croyez pas à la conspi­ra­tion du rayon bleu qui nous trans­for­mera en zombie, les signes dans le ciel annoncent de toute façon une méga cata pour 2012. En gros, on a le choix entre le débar­que­ment des extra­ter­restres et la fin du monde. Mouais mouais.

Voilà t-il pas que le 7 octobre, un drôle de nuage lumi­neux est apparu à Moscou. La fin du monde serait-elle en avance?

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