sauvons les cyborgs !

L'Histoire est un mensonge que personne ne conteste.

Les entre­prises sont-elles des filiales des ren­sei­gne­ments géné­raux?
Il fut un temps où, dans les entre­prises, com­mé­rages et ragots se par­ta­geaient autour de la machine à café ou durant la pause déjeuner. Les vilains petits canards, décou­vraient ensuite, par­fois avec sur­prise, que leurs supé­rieurs dis­po­saient d’un « dos­sier » bien ficelé les concernant.

Certains groupes amé­ri­cains ont per­fec­tionné ce sys­tème pour en faire un « dis­po­sitif d’alerte pro­fes­sion­nelle » (DAP). Autrement dit, un sys­tème de déla­tion ano­nyme. La loi amé­ri­caine Sarbanes Oxley de 2002 a en effet imposé aux sociétés cotées aux Etats-Unis de lutter contre la cor­rup­tion via un sys­tème d’alerte pro­fes­sion­nelle.
Depuis décembre 2005, 1.300 entre­prises en France – qui ne sont pas toutes des filiales de groupes amé­ri­cains – uti­lisent ce dis­po­sitif censé per­mettre de pré­venir des scan­dales finan­ciers comme celui de Enron. Elles sont égale­ment cen­sées mettre en place un fil­trage pour rejeter les infor­ma­tions dépas­sant le cadre de la loi infor­ma­tique et liberté. Dans la pra­tique, il semble que cer­taines entre­prises aient décidé d’organiser le fichage de leurs sala­riés, et ce avec leur aide.

Ethicpoint: quand la dénon­cia­tion est un business

En juillet 2008, le comité d’entreprise du fabri­quant de pro­thèse Benoist Girard, filiale de la société amé­ri­caine Stryker, a déposé plainte contre la direc­tion de l’entreprise. Les 280 sala­riés du pro­thé­siste fran­çais sont invités à signaler d’éventuels actes illé­gaux sur le site ethicspoint.com, même ceux qui n’ont aucun rap­port avec le bon fonc­tion­ne­ment de leur entreprise.

Contrairement à ce qu’ont rap­porté la plu­part des médias fran­çais, il ne s’agit ni d’une pra­tique propre au groupe Stryker, ni d’un site internet créé par le groupe américain.

ethicspoint.com

ethicspoint.com. Cliquez sur l’image pour accéder au site internet ethicspoint.com

Ethicspoint est une entre­prise fondée en 1999 par un groupe d’experts cer­ti­fiés en détec­tion de fraudes.

Le but d’EthicsPoint est de vous assurer la pos­si­bi­lité de com­mu­ni­quer, hon­nê­te­ment et en sécu­rité avec la direc­tion d’une orga­ni­sa­tion ou son conseil d’administration, les pro­blèmes et pré­oc­cu­pa­tions rela­tifs à des acti­vités contraires à l’éthique ou illé­gales, tout en main­te­nant votre ano­nymat et la confi­den­tia­lité de vos infor­ma­tions.

Concernant l’éthique, EthicsPoint affirme res­pecter la vie privée et les valeurs indi­vi­duelles de chacun :

« Non seule­ment nous nous effor­çons de recueillir, uti­liser et divul­guer des ren­sei­gne­ments per­son­nels d’une manière com­pa­tible avec les lois des pays dans les­quels nous exer­çons nos acti­vités, mais nous visons égale­ment à res­pecter les plus hautes normes d’éthique dans nos affaires ».

Se lâcher ou faire plaisir au patron?

Pourtant, de la détec­tion de fraudes ou de com­por­te­ments illé­gaux à la déla­tion pure et simple, il n’y a qu’un pas. Les sala­riés du pro­thé­siste fran­çais ont ainsi décou­vert que le site pos­sède une rubrique concer­nant « l’abus de stu­pé­fiants ». Est-ce le rôle d’une entre­prise de contrôler la vie privée de ses employés?
Une rubrique « sujet d’inquiétude » permet d’évoquer toutes sortes de dérives consta­tées dans l’entreprise.

« La direc­tion amé­ri­caine nous a même envoyé une vidéo nous encou­ra­geant à nous sur­veiller les uns les autres pour être plus per­for­mants », expli­quait Robert Provost, délégué CFDT chez Benoist-Girard.

Certains sala­riés se seraient un peu trop lâchés. Abus d’alcool, prise de médi­ca­ments, agenda sexuel bien rempli… Tout y serait passé, du plus anec­do­tique au plus nauséabond.

Le 6 novembre, le tri­bunal de grande ins­tance de Caen déci­dera si groupe amé­ri­cain Stryker peut, sur le ter­ri­toire national fran­çais, mettre en place un tel dis­po­sitif d’alerte pro­fes­sion­nelle.
En répon­dant par l’affirmative, le tri­bunal créera un dan­ge­reux pré­cé­dent car la loi infor­ma­tique et libertés de 1978 interdit ce type de déla­tion et la CNIL (Commission natio­nale de l’informatique et des libertés) refuse les dénon­cia­tions qui sont ano­nymes ou ne concernent pas des ques­tions de finances ou de corruption.

MISEJOUR : le juge des référés du tri­bunal de grande ins­tance de Caen a décidé que les sala­riés de Benoist-Girard ne pour­ront pas se dénoncer les uns les autres via un site Internet dédié car cela crée « un trouble mani­fes­te­ment illi­cite ». Une vic­toire de plus contre Big Brother Inc. ?

Les fiches Wikipédia  :

Pour mieux com­prendre la dif­fé­rence entre  la déla­tion et la dénon­cia­tion.

Pour savoir ce dont parle la Loi Informatique et libertés.

Relire notre article sur le jeu de déla­tion Internet Eyes.

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1 novembre 2009

Ceci n’est pas un jeu

sugaar

« La police invite toute la popu­la­tion du sec­teur d’Elm Terrace à pro­céder comme suit : Que dans chaque rue chaque habi­tant de chaque maison ouvre sa porte côté rue ou côté jardin ou regarde à ses fenêtres. Le fugitif ne peut s’échapper si chacun regarde dehors dans la minute qui suit. Prêts ! « 

Ray Bradbury, Fahrenheit 4511953

Aujourd’hui, la France est le pre­mier pays à avoir montré les dérives d’un sys­tème pseudo ludique com­bi­nant vidéo sur­veillance et pré­somp­tion de culpabilité.

Ce matin, l’un des com­plices pré­sumés de L.M de Cherniepresque été arrêté grâce à des vidéos de sur­veillance pira­tées. Cette impro­bable traque, qui tient le pays en haleine depuis trois semaines, est à la fois illé­gale et immo­rale. Elle se déroule pour­tant avec l’accord tacite des auto­rités, comme dans la pire des dystopies.

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Selon un récent rap­port du gou­ver­ne­ment américain, les vic­times de la grippe pour­raient embou­teiller le réseau internet, en mul­ti­pliant les connexions « gour­mandes » comme le télé­char­ge­ment de vidéos ou les jeux en ligne.  Il serait alors impos­sible de com­mu­ni­quer ou d’effectuer des tran­sac­tions vitales pour la sécu­rité publique et l’économie.
Le dépar­te­ment de la Sécurité Intérieure, chargé des télé­com­mu­ni­ca­tions en cas d’urgence natio­nale, ne dis­pose cepen­dant d’aucune stra­tégie pour faire face à une explo­sion des connexions à internet. L’état d’urgence ayant été déclaré le 24 octobre der­nier, la satu­ra­tion du réseau devrait donc être atteinte avant la mi-novembre.

Pour l’heure, les États-Unis res­tent les seuls à envi­sager sérieu­se­ment cette consé­quence de l’épidémie de grippe.

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22 octobre 2009

agression du professeur Jarry

sugaar

Nous avions rendez-vous, hier soir, avec le pro­fes­seur Arnold Jarry, psi­logue qué­bé­quois et défen­seur d’une théorie conspi­ra­tion­niste « psi ». Il n’est pas venu.

Le pro­fes­seur Jarry a été agressé hier à Londres, quelques heures avant de prendre le train pour Paris. Il quit­tait la biblio­thèque de la Société des Antiquaires lorsqu’il a été fauché par une voiture.Il ne s’agit pas d’un acci­dent. Indifférent aux nom­breux témoins de la scène, l’agresseur a pris le temps de lui voler de sa sacoche avant de remonter dans le véhi­cule, une ber­line aux vitres teintées.

L’agression s’est pro­duite sous les yeux de son assis­tante, Emily, qui a juste eu le temps de remar­quer une femme brune d’une qua­ran­taine d’années, assise sur le siège arrière de la voi­ture. L’agression n’a pas duré plus de deux minutes.

L’agresseur serait un homme d’allure mas­sive, d’âge mûr, mesu­rant environ 1m80, et de type cau­ca­sien. Emily, qui nous a raconté la scène dans un mail, a remarqué un tatouage sur son avant-bras gauche, un ser­pent se mor­dant la queue et for­mant un cercle. S’agit-il de l’ouroboros des alchimistes ?

Le pro­fes­seur Jarry est actuel­le­ment main­tenu dans un coma arti­fi­ciel et le pro­nostic vital reste réservé. La police exa­mine les bandes vidéos des caméras de sur­veillance mais, d’après Emily, aucun avis de recherche n’a encore été lancé.

Notre tris­tesse et notre colère s’accompagnent d’une inter­ro­ga­tion : selon son assis­tante, le pro­fes­seur Jarry se trou­vait à Londres dans le cadre de ses recherches sur une mys­té­rieuse société secrète appelée « le Collège Invisible ». Le pro­fes­seur Jarry aurait-il décou­vert des preuves com­pro­met­tantes ? Pour l’heure, nous espé­rons sim­ple­ment qu’il survivra.

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21 octobre 2009

Les mouches

sugaar

Hier matin, le ministre de l’intérieur Georges Foulché a inau­guré le nou­veau sys­tème de sur­veillance assisté par micro drones.  Ce sys­tème, qui  existe en fait depuis 2007 dans les ban­lieues les plus sen­sibles, est déployé à pré­sent sur l’ensemble du Grand Paris et devrait s’étendre, d’ici la fin de l’année, à l’ensemble des grands pôles urbains. Les drones uti­lisés dis­posent de caméras de sur­veillance. Un modèle , encore au stade expé­ri­mental mais qui devrait être opé­ra­tionnel l’été pro­chain, embar­quera égale­ment un dis­po­sitif de neu­tra­li­sa­tion non létal. C’est à dire un Taser.

Où se trou­vaient les jour­na­listes, hier matin ?  Les plus dociles gar­daient le nez en l’air et la caméra bra­quée sur l’incroyable ministre. Les plus témé­raires fouillaient dans des cad­dies. Une curieuse fré­nésie s’est en effet emparée de quelques ména­gères. Elles fai­saient des stocks. S’agissait-il de la peur d’une attaque nucléaire qui obli­ge­raient chacun à vivre dans une cave humide ? Non. L’angoisse d’un nou­veau virus, un croi­se­ment en la grippe Tsé tsé et l’ébola N1 ? Non plus. Ses ména­gères stockent  les rou­leaux de feuilles d’aluminium. L’enjeu ? Protéger le crâne de leurs progéniture.

Au journal de TN1, l’une de ces matrones pré­cau­tion­neuses bran­dis­sait un texte pho­to­copié, en guise d’explication. Un quatrain.

« Tout à l’entour la Grand’cité

Gestes las et  pen­sées âcres.

Par les mouches déterrés,

Et chantés en simu­lacres. »

Les vers de Cherny Zemly sont lim­pides, à ce qu’il parait. Les drones du ministre dif­fusent des ondes capables de trans­former de pai­sibles habi­tants en mou­tons méca­niques.
Pourtant, nul besoin d’ondes mys­té­rieuses pour atteindre un pareil résultat.

Mouche d’argent et cha­peau d’aluminium

L’idée que l’on peut mani­puler d’autres per­sonnes à dis­tance, grâce à des ondes, nous vient de la guerre froide et des expé­riences menées par les sovié­tiques et les Américains.
Au début des années 60, alors qu’ils recher­chaient des micros à l’ inté­rieur de leur ambas­sade à Moscou , les Américains auraient décou­vert d’étranges radia­tions émises der­rière leurs murs : les sovié­tiques auraient mis au point des géné­ra­teurs sti­mu­la­teurs d’ impul­sions micro-ondes qui devaient per­turber la pensée des diplo­mates. Le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain se serait aus­sitôt lancé dans la recherche d’armes simi­laires. La course à l’armement psy­cho­tro­nique était lancée.

Dès le milieu des années 70, les Américains auraient réussi à créer l’arme ultime, capable, grâce à des ultra sons ou des micro ondes selon les ver­sions, de non seule­ment modi­fier les sen­sa­tions et les émotions humaines, mais aussi, sur­tout, de faire résonner tout un dis­cours dans la tête d’un mal­heu­reux cobaye.

Les conspi­ra­tion­nistes prêtent aux armes psy­cho­tro­niques des pro­priétés incroyables. Ils pensent que tout gou­ver­ne­ment démo­cra­tique qui se res­pecte pos­sède un arsenal secret dont il use et abuse contre son propre peuple.
Étran­ge­ment, les conspi­ra­tion­nistes ne s’étonnent pas lorsque les popu­la­tions de ces pays liber­ti­cides mani­festent et se sou­lèvent contre leurs diri­geants indignes. Les conspi­ra­tion­nistes ne remarquent pas que des gué­rillas conti­nuent d’éclater à tra­vers le monde, et qu’aucune arme ne semble pou­voir y mettre fin.
Les conspi­ra­tion­nistes ne voient pas que les tech­niques uti­li­sées pour contraindre les esprits demeurent glo­ba­le­ment les mêmes depuis des siècles et des mil­lé­naires. L’arme la plus puis­sante, c’est la peur.

Aujourd’hui, les conspi­ra­tion­nistes lèvent les yeux et pensent que des mouches d’argent vont s’emparer de leurs pensées.

Et pour cela, ils portent des cha­peau d’aluminium. Il faut croire que le port de l’entonnoir est passé de mode.

Alors ils vont porter de jolis cha­peaux et, au cas où, bien se com­porter.
Puisqu’il se savent sur­veillés, ils feront en sorte de ne rien faire de répré­hen­sible. Ils mar­che­ront dans les clous. Regarderont sage­ment le journal télé­visé. Ils se diront mani­pulés mais ils le diront de moins en moins. Ils se feront à l’idée et ne chan­ge­ront pas de chaîne. Ils se diront qu’ils n’ont pas le choix, au fond. Et puis que de toute façon, ce n’est pas plus mal, d’être sur­veillés. Non, pas sur­veillés. Protégés. Le soir, en pre­nant le frais à la fenêtre, ils admi­re­ront le ballet des mouches d’argent et trou­ve­ront cela presque ras­su­rant. Puisque per­sonne ne viendra les cher­cher, eux qui n’ont rien fait. Et puis ils enlè­ve­ront leur cha­peau d’aluminium et fini­ront par se coucher.

Au moment d’éteindre la lumière, peut-être auront-ils une pensée fugace. Qui les regarde, en fait ? Mais cela n’aura plus aucune impor­tance. Et pen­dant qu’ils dor­mi­ront, bien sage­ment, les mouches d’argent feront ce que toutes les mouches du monde font. Elles se reproduiront.

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Puissance. L’individu capté par la foule est un héros ordi­naire pour qui l’impossible n’existe pas.
Celui-ci, qui se croyait faible, se découvre invin­cible par la seule force du nombre. On le disait invi­sible et le voilà, par­tout, ivre de sa propre voix. Il n’est plus perdu. Il sait.

Je sais que tu sais que je sais qu’ils savent que nous savons… Puisqu’on nous le dit.

Contagion. Comme le prouvent les rumeurs tou­jours crois­santes, les esprits s’allument sur la place.
Que scande-t-on, les soirs de grands bals ? Je suis le maître du jeu.
L’ennemi est désigné.

les soldats sont en marche

Crédulité. Parmi nous, entre nous, contre nous… Il se chu­chote comme un cri de ral­lie­ment.
Ils ne savent pas à qui ils ont affaire !
C’est la hache de Damoclès qui plane sur leurs têtes.

Et chacun cède joyeu­se­ment à ses ins­tincts refoulés.

Ce n’est déjà plus de la haine, c’est de l’horreur ; on ne menace plus, on écume.

Mais qui sont ces féroces sol­dats qui sifflent sous nos fenêtres ? Chantonne le père Ubu.

Des auto­mates.
La poi­trine grande ouverte, ils laissent tou­cher le méca­nisme de leur volonté et la pous­sière de leurs vertus.
On en rit encore, à la Lanterne.

Et pour­tant… La peste est notre affaire à tous.

La créa­tion des légendes qui cir­culent si aisé­ment parmi les foules n’est pas seule­ment le résultat d’une cré­du­lité com­plète, mais encore des défor­ma­tions pro­di­gieuses que subissent les événe­ments dans l’imagination d’individus assem­blés. L’événement le plus simple vu par la foule est bientôt un événe­ment défi­guré. Elle pense par images, et l’image évoquée en évoque elle même une série d’autres sans aucun lien logique avec la pre­mière, Nous conce­vons aisé­ment cet état en son­geant aux bizarres suc­ces­sions d’idées où nous conduit par­fois l’évocation d’un fait quel­conque. La raison montre l’incohérence de pareilles images, mais la foule ne la voit pas ; et ce que son ima­gi­na­tion défor­mante ajoute à l’événement, elle le confondra avec lui. Incapable de séparer le sub­jectif de l’objectif, elle admet comme réelles les images évoquées dans son esprit, et ne pos­sé­dant le plus sou­vent qu’une parenté loin­taine avec le fait observé.

Du moment qu’ils sont en foule, l’ignorant et le savant deviennent égale­ment inca­pables d’observation.

Gustave Le Bon, « Psychologie des foules », (1895).

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9 octobre 2009

l’instinct de troupeau

sugaar

Comprendre la foule, c’est com­prendre com­ment la mani­puler. Il s’agit de cap­turer l’âme collective.

Nous avons dit qu’un des carac­tères géné­raux des foules est une sug­ges­ti­bi­lité exces­sive, et montré com­bien, parmi toute agglo­mé­ra­tion humaine, une sug­ges­tion est conta­gieuse ; ce qui explique l’orientation rapide des sen­ti­ments vers un sens déterminé.

Gustave Le Bon, Psychologie des foules, 1895

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8 octobre 2009

Qu’est-ce que la propagande ?

sugaar

La pro­pa­gande désigne un ensemble d’actions psy­cho­lo­giques effec­tuées par une ins­ti­tu­tion ou une orga­ni­sa­tion pour endoc­triner une popu­la­tion et la faire agir d’une cer­taine manière. Les tech­niques de pro­pa­gande modernes reposent sur les recherches conduites dans le domaine de la psy­cho­logie, de la psy­cho­logie sociale et dans celui de la com­mu­ni­ca­tion. De manière sché­ma­tique, elles se concentrent sur la mani­pu­la­tion des émotions, au détri­ment des facultés de rai­son­ne­ment et de jugement.

L’apparition des médias de masse, les guerres mon­diales et la pro­mo­tion de l’individu dans les sys­tèmes poli­tiques, ont déter­miné les tech­niques de pro­pa­gande uti­li­sées actuel­le­ment. De manière plus dif­fuse mais non moins impé­rieuse, la pro­pa­gande peut aussi cher­cher à faire adhérer l’individu et les masses à un ensemble d’idées et de valeurs, à les mobi­liser, bref à les inté­grer dans une société donnée.

C’est ainsi qu’en temps de guerre ou de période insur­rec­tion­nelle peut être mis en place un sys­tème d’embrigadement sous forme de « pro­pa­gande d’agitation », qui cherche avant tout à pro­vo­quer l’action. La plu­part des tech­niques de pro­pa­gande reposent sur une bonne uti­li­sa­tion de l’émotivité de l’auditoire.

La peur : un public qui a peur est en situa­tion de récep­ti­vité pas­sive, et admet plus faci­le­ment l’idée qu’on veut lui inculquer.

Appel à l’autorité : citer des per­son­nages impor­tants pour sou­tenir une idée, un argu­ment, ou une ligne de conduite.

Témoignage : les témoi­gnages sont des men­tions, dans ou hors du contexte, pour sou­tenir ou rejeter une poli­tique, une action, un pro­gramme, ou une per­son­na­lité donnée. La répu­ta­tion de l’individu mis en avant est aussi exploitée. Les témoi­gnages marquent du sceau de la res­pec­ta­bi­lité le mes­sage de propagande.

Effet mou­ton­nier : cet appel tente de per­suader l’auditoire d’adopter une idée en insi­nuant qu’un mou­ve­ment de masse irré­sis­tible est déjà engagé ailleurs pour cette idée.

Redéfinition, révi­sion­nisme : consiste à redé­finir des mots ou à fal­si­fier l’histoire de façon partisane.

Obtenir la désap­pro­ba­tion : cette tech­nique consiste à sug­gérer qu’une idée ou une action est adoptée par un groupe adverse, pour que l’auditoire désap­prouve cette idée ou cette action sans vrai­ment l’étudier.

Généralités éblouis­santes et mots ver­tueux : les géné­ra­lités peuvent pro­vo­quer une émotion intense dans l’auditoire. Par exemple, faire appel à l’amour de la patrie, à la liberté,  à la jus­tice, à l’honneur,  etc., permet de tuer l’esprit cri­tique de l’auditoire. Même si ces mots et ces expres­sions sont des concepts dont les défi­ni­tions varient selon les indi­vidus, leur conno­ta­tion est tou­jours favo­rable. De sorte que, par asso­cia­tion, les concepts et les pro­grammes du pro­pa­gan­diste seront perçus comme tout aussi gran­dioses, bons, sou­hai­tables et vertueux.

Imprécision inten­tion­nelle : il s’agit de rap­porter des faits en les défor­mant ou de citer des sta­tis­tiques sans en indi­quer les sources. L’intention est de donner au dis­cours un contenu d’apparence scien­ti­fique, sans per­mettre d’analyser sa vali­dité ou son applicabilité.

Transfert : cette tech­nique sert à pro­jeter les qua­lités posi­tives ou néga­tives d’une per­sonne, d’une entité, d’un objet ou d’une valeur  sur un tiers, afin de rendre cette seconde entité plus (ou moins) accep­table. Cette tech­nique est uti­lisée, par exemple, pour trans­férer le blâme d’un camp à l’autre, lors d’un conflit.

Simplification exa­gérée : ce sont des géné­ra­lités employées pour fournir des réponses simples à des pro­blèmes sociaux, poli­tiques, écono­miques, ou mili­taires complexes.

Quidam : pour gagner la confiance de son audi­toire, le pro­pa­gan­diste emploie le niveau de lan­gage et les manières (vête­ments, gestes) d’une per­sonne ordi­naire. Par pro­jec­tion, l’auditoire est aus­sitôt plus enclin à accepter les posi­tions du pro­pa­gan­diste, puisque celui-ci lui ressemble.

Stéréotyper ou étiqueter : cette tech­nique uti­lise les pré­jugés et les sté­réo­types de l’auditoire pour le pousser à rejeter l’objet de la cam­pagne de propagande.

Bouc émis­saire : en jetant l’anathème sur un indi­vidu ou un groupe d’individus, accusés à tort d’être res­pon­sables d’un pro­blème réel (ou sup­posé), le pro­pa­gan­diste peut éviter de parler des vrais res­pon­sables, et n’a pas à appro­fondir le pro­blème lui-même.

Slogans : un slogan est une brève expres­sion, facile à mémo­riser et donc à recon­naître, qui permet de laisser une trace dans tous les esprits.

Glissement séman­tique : tech­nique consis­tant à rem­placer une expres­sion par une autre afin de la vider de son contenu émotionnel et de son sens. Le glis­se­ment séman­tique peut à l’inverse ren­forcer la force expres­sive pour mieux émou­voir l’auditoire. Exemples :  « dom­mages col­la­té­raux » à la place de « vic­times civiles », « péda­gogie pré­ven­tive » à la place de « répres­sion poli­cière », « inter­ven­tion huma­ni­taire pré­ven­tive » à la place d’« intervention militaire ».

Au vu de tout cela, peut-on parler de pro­pa­gande en France ?

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videosurveillance

Que se passe-t-il au pays de Big Brother ? Des caméras, encore des caméras, tou­jours des caméras. Globalement inof­fen­sives, dit-on. Et pourtant…

Présenté comme un jeu, le site bri­tan­nique Internet Eyes promet de brouiller un peu plus la fron­tière entre la sur­veillance à outrance et le voyeu­risme gra­tuit. Son slogan ? Attrapez un cri­minel en ligne !

Dépoussiérant le vieux concept du gen­darme et des voleurs, Internet Eyes pro­po­sera bientôt aux inter­nautes de jouer aux jus­ti­ciers mas­qués sans quitter leurs canapés. Il leur suf­fira de scruter sur leur ordi­na­teur les flux vidéos de cen­taines de caméras de sécu­rité, et de cli­quer au bon moment. Les joueurs vigi­lants rece­vront une petite récom­pense pour chaque délit repéré tandis que le plus zélé d’entre eux rem­por­tera la cagnotte à la fin de chaque mois.

Transformer le citoyen lambda en auxi­liaire de police n’est pas une idée neuve.
Partout, la dénon­cia­tion est pré­sentée comme un devoir civique et le silence comme une preuve de com­pli­cité. Gardons les yeux ouverts, la sécu­rité est l’affaire de tous, la dénon­cia­tion est un devoir répu­bli­cain… Utilisé à outrance, l’appel à la vigi­lance révèle la mise en place d’un sys­tème para­po­li­cier où chacun peut s’offrir, à moindre frais, un cer­tain pou­voir de nuisance.

En France, le glis­se­ment vers la déla­tion est subtil mais réel. Cela va du cour­rier envoyé à la caisse d’allocations fami­liales aux patrouilles noc­turnes entre voi­sins, où l’on traque les fla­grants délits comme cer­tains vont à la chasse.
Dans la rubrique des faits-divers, la satis­fac­tion mor­bide de ceux qui n’ont fait que leur devoir se mêle à l’humilité feinte de ceux qui n’ont écouté que leur cou­rage. Nous sommes tous des héros qui s’ignorent…

En élevant la déla­tion au rang de diver­tis­se­ment, Internet Eyes cris­tal­lise l’instant tra­gique où le Panem et cir­censes rem­place toute notion de véri­table devoir civique.

Les som­nam­bules, eux aussi, marchent les yeux ouverts.

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Edward Bernays a été l’un des pre­miers à déve­lopper des méthodes uti­li­sant le sub­cons­cient des foules pour les mani­puler. Inventeur des rela­tions publiques dès la pre­mière Guerre mon­diale, il écri­vait en 1928 dans son livre Propaganda :

 » La mani­pu­la­tion consciente et intel­li­gente des habi­tudes et des opi­nions orga­ni­sées des masses est un élément impor­tant dans une société démo­cra­tique. Ce méca­nisme invi­sible de la société constitue un gou­ver­ne­ment invi­sible qui est le véri­table pou­voir diri­geant de notre pays. »

Créer l’illusion d’un danger immi­nent, feindre le désordre pour imposer une cer­taine idée de l’Ordre, offrir du pain pour calmer les ventres que l’on a affamé… Le but est de placer la cible dans une situa­tion de dépen­dance maté­rielle et psychologique.

Nous enten­dons le tic-tac d’une hor­loge et, en un ins­tant, nous dan­sons tous en rond. On invoquent les dieux, les héros et les traîtres. Blanc bonnet et bonnet blanc. Mais ces figures de cire n’ont pas été conçues pour qu’on les regarde gratis. Que nous vend-on vraiment ?

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écoleDes scien­ti­fiques déve­loppent de nou­velles méthodes pour éduquer les enfants en fonc­tion de leurs gènes.

Lors du sym­po­sium Decade of the Mind qui s’est tenu à Berlin il y a une dizaine de jours, des cher­cheurs ont pro­posé  de nou­velles méthodes éduca­tives pre­nant en compte l’imagerie céré­brale, le séquen­çage géné­tique et le profil psy­cho­lo­gique des élèves. En ana­ly­sant la façon dont le cer­veau de chaque enfant fonc­tionne lorsqu’il apprend, les cher­cheurs pensent pou­voir amé­liorer sa capa­cité à se concen­trer sur une tâche.

Résumant avec enthou­siasme le résultat de ces recherches, un pro­fes­seur de l’université d’Ulm a déclaré que « si géno­typer nos enfants avant la sco­la­ri­sa­tion peut aider les parents et les ensei­gnants à décider com­ment mieux sou­tenir leur appren­tis­sage et leur déve­lop­pe­ment, je peux envi­sager que cela devienne une pro­cé­dure stan­dard dans le futur. »

Des tests scien­ti­fiques com­plexes pour­raient alors per­mettre aux pro­fes­seurs d’ajuster leur ensei­gne­ment aux capa­cités des élèves. Le pro­cessus d’apprentissage com­men­çant bien avant la sco­la­ri­sa­tion et se pour­sui­vant durant l’adolescence, les enfants seraient suivis dès leur plus jeune âge.

Quelques voix s’élèvent cepen­dant contre un projet mêlant fichage géné­tique et éduca­tion.
Le psi­logue qué­bé­cois A. Jarry, connu pour ses tra­vaux contro­versés fai­sant le lien entre patri­moine géné­tique et capa­cités psi, a ainsi déclaré :   » Mes col­lègues sont de sacrés uto­pistes. Ce qu’on aura, ce sont des classes avec des sujets alpha et des gamins démo­tivés à qui on dira qu’ils sont géné­ti­que­ment des bons à rien ! On a déjà connu ça et chez vous [en France] on le voit encore dans vos col­lèges de seconde zone. Et puis qui peut nous garantir que ces tests ne seront pas uti­lisés à d’autres fins ? Imaginez une armée de super sol­dats sélec­tionnés dès le ber­ceau parce que les ondes de leur cer­veau disent qu’ils sont hors du commun. On parle d’éducation mais au final ils feront de l’eugénisme. »

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21 septembre 2009

les chemtrails, une théorie du chaos

sugaar


chemtrail une theorie du chaosIl fut un temps où les prêtres de Babylone décryp­taient l’avenir dans le chaos des cieux. Leur art n’était alors qu’une sorte de  météo­ro­logie occulte et ils savaient que, par­fois, un éclair n’annonce aucun déluge.

Babylone n’est pas morte mais les devins ont changé de temple.
Ils effec­tuent leurs pré­dic­tions sur internet à grands ren­forts d’images sibyl­lines et de démons­tra­tions obscures.

Selon la théorie des chem­trails, les trai­nées blanches des avions modi­fient le climat, contiennent  des armes secrètes et sté­ri­lisent les populations.

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