Il est vrai que nous vivons des Temps, nous dit-on, des Temps où les révoltes ne s’écrivent pas sur les murs et ne se crient pas dans la rue. Cela ne se fait plus, voyons. Il fait trop froid. C’est un temps anesthésique.
Il est vrai que si révolte il y a, si cela peut être encore possible, nul ne l’entend.
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En politique rien n’arrive pas accident. Si quelque chose se produit, vous pouvez parier que cela a été planifié de cette façon.
Franklin Delano Roosevelt
Se créer les ennemis dont on a besoin.
C’est le plus vieux tour. Celui qui marche toujours.
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Au pays des réseaux sociaux et des échanges nomades, il existe une rumeur folle : tout ce que vous pourrez dire sera retenu contre vous.
En septembre dernier, deux jeunes franconvillois ont été suspectés de terrorisme. Ils s’étaient amusés, par SMS, à imaginer la préparation d’un entartrage visant plusieurs personnalités politiques. L’opérateur mobile de l’un d’entre eux avait alerté la police antiterroriste.
La rumeur dit vrai. D’une façon ou d’une autre, nous sommes tous surveillés.
Aujourd’hui, une nouvelle rumeur affirme que des personnes disparaissent après avoir posté des messages sur des sites de microblogging. C’est franchir une étape supplémentaire et basculer dans les zones marécageuses des théories conspirationnistes.
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Je vois de l’absurde dans ma rue et dans ma vie.
Un passage pour piétons menant à une porte condamnée, un employeur me demandant de capturer une licorne rose… L’absurde est ce qui n’a aucun sens.
Un jour seulement, une bulle d’irrationalité éclate.
Des figures de cire s’animent et le grincement de leurs rouages devient un refrain moqueur : nous aussi, nous courons pour rester à la même place.
L’absurde est cet élixir du diable qui nous permet de passer de l’autre côté du miroir. Le pourquoi s’élève et tout commence dans cette lassitude teintée d’étonnement.
Les chasseurs de complots sont des Sisyphe heureux. Pour eux, l’urgence de mettre de l’ordre dans la réalité des choses se satisfait en elle-même, en dépit de la qualité des preuves. Leur quête de sens modèle leur vision des événements pour déceler des signes, des répétitions qui se rejoignent dans une logique interne. Ils luttent contre le silence déraisonnable du monde.
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« Et, au fait, quiconque, ayant conquis un État accoutumé à vivre libre, ne le détruit point, doit s’attendre à en être détruit. Dans un tel État, la rébellion est sans cesse excitée par le nom de la liberté et par le souvenir des anciennes institutions, que ne peuvent jamais effacer de sa mémoire ni la longueur du temps ni les bienfaits d’un nouveau maître. Quelque précaution que l’on prenne, quelque chose que l’on fasse, si l’on ne dissout point l’État, si l’on n’en disperse les habitants, on les verra, à la première occasion, rappeler, invoquer leur liberté, leurs institutions perdues, et s’efforcer de les ressaisir. »
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Comment fêter les quarante ans d’Internet ? En rappelant son origine militaire.
Entre le 5 et le 14 décembre, le DARPA (agence américaine pour les projets de recherche avancée de défense) a organisé une chasse au trésor pour examiner les rôles que jouent Internet et les réseaux sociaux dans la communication et la mobilisation des populations lors de situations critiques.
Il n’a fallu que deux heures aux cinq mille participants pour retrouver les dix ballons météorologiques rouges dispersés aux États-Unis.
Ironie ? Depuis soixante ans, le ballon météorologique est synonyme de leurre, pour les ufologues.
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« La police invite toute la population du secteur d’Elm Terrace à procéder comme suit : Que dans chaque rue chaque habitant de chaque maison ouvre sa porte côté rue ou côté jardin ou regarde à ses fenêtres. Le fugitif ne peut s’échapper si chacun regarde dehors dans la minute qui suit. Prêts ! «
Évidemment ! Comment n’y avaient-ils pas pensé plus tôt ? Pourquoi, depuis le temps, ne s’étaient-ils jamais essayés à ce petit jeu ? Tout le monde debout ! Tout le monde dehors ! On ne pouvait pas le rater ! Le seul individu à courir dans la ville plongée dans la nuit, le seul à mettre ses jambes à l’épreuve !
Ray Bradbury, Fahrenheit 451, 1953
Aujourd’hui, la France est le premier pays à avoir montré les dérives d’un système pseudo ludique combinant vidéo surveillance et présomption de culpabilité.
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