sauvons les cyborgs !

L'Histoire est un mensonge que personne ne conteste.

9 avril 2010

endormir la peur

sugaar

Au-delà de ce monde de colère et de larmes,
Ne plane que l’horreur de l’ombre.
Et pour­tant la menace du Temps
Me trouve et me trou­vera, sans peur.

William Ernest Henley, Invictus

Tous les ani­maux connaissent la peur. Et tous peuvent apprendre à nier l’évidence du danger.

Une  expé­rience conduite par des psy­cho­logues de l’université d’Austin, au Texas, a permis de guérir des rats dressés à asso­cier un son par­ti­cu­lier avec une décharge élec­trique.
La méthode est simple. D’abord, on rejoue le son, une seule fois, pour désta­bi­liser la mémoire. Aucune décharge élec­trique ne suc­cède au son. Une heure plus tard, on rejoue ce son de façon répé­ti­tive.
A la fin, les rats peuvent entendre le son sans avoir peur. Mieux : ils sont à pré­sent plus lents que d’autres rats pour réap­prendre à craindre la décharge élec­trique. Malgré la dou­leur, le son ne pro­duit chez eux qu’un sen­ti­ment de sécurité.

Ces cher­cheurs sou­haitent pour­suivre l’expérience avec des êtres humains.
Cela est inutile. Nous en connais­sons déjà le résultat.

Depuis l’Appel du 9 sep­tembre et la mise en place, par Simons et ses sbires, de mesures d’exception légi­ti­mant une sur­veillance géné­ra­lisée, nous vivons comme ces rats de labo­ra­toire.
D’abord, ils nous ont appris la peur. Une peur col­lec­tive et irra­tion­nelle, nous fai­sant voir des ennemis dans chacun de nos voi­sins. Elle a engendré une hys­térie digne des périodes les plus sombres de notre his­toire. Des femmes et des hommes, parce qu’ils récla­maient la vérité au sujet de Cherny Zemly, ont été désho­norés, pour­chassés, lyn­chés par les médias. Ils ont été aban­donnés par le peuple quand ils ne lut­taient que pour lui. Certains en sont morts.

Puis, par un fan­tas­tique tour d’illusionniste, le Nouvel Ordre nous a appris l’indifférence. Un calme inquié­tant a suc­cédé à la tem­pête. En quelques petits mois, les indi­vidus qui décident de notre avenir ont réussi à nous faire oublier que notre survie dépend de notre capa­cité à recon­naître les dan­gers qui nous menacent.

Nous refusons d'être des rats de laboratoire. Zemly vérité !Pour pou­voir nous sauver, il nous fau­drait, comme des rats de labo­ra­toire, réap­prendre à avoir peur. Mais il ne s’agit plus d’éprouver la peur imbé­cile de celui qui a peur de son ombre alors qu’il marche en pleine lumière.

Il est urgent de nous sou­venir de toutes ces routes mau­dites que nous avons prises et qui ne menaient nulle part.
La peur qui nous a saisi, enfin, lorsque nous avons com­pris que notre guide était aussi notre bour­reau, cette peur nous a sauvé. Elle nous a appris qu’il est par­fois néces­saire de mordre la main de son maître.

Pierre Anvers ne doit pas être mort pour rien.

Zemly vérité ! Nous devons retrouver l’homme à l’oiseau noir.

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10 février 2010

Il est vrai

sugaar

Il est vrai que nous vivons des Temps,  nous dit-on, des Temps où les révoltes ne s’écrivent pas sur les murs et ne se crient pas dans la rue. Cela ne se fait plus, voyons. Il fait trop froid. C’est un temps anesthésique.

Il est vrai que si révolte il y a, si cela peut être encore pos­sible,  nul ne l’entend.

Ne voyez-vous pas à la Lanterne, celui dont l’Appel nous laisse sans voix ? Qu’entend-il de nous, lui ? Le mur­mure de nos cla­viers ? Le bruit des langues qui claquent quand tous les mots sont usés ? Quel est le mot de code ? Chut ! Clac. Cent un mots que nous échan­geons, et pas un qui semble à la hau­teur de ce silence. Mais à quoi pense-t-on ? A rien. Vraiment. Sincèrement. Ce ne sont que des petits mots que nous sto­ckons comme des cou­pons de réduc­tion pour une bra­derie impro­bable, où tout sera trop grand et trop petit, trop laid et trop futile. Ce ne sont que des jus­ti­fi­ca­tions pour faire traîner les choses, puisque nous savons bien que nous n’irons pas, là-bas.

Il est vrai que nous vivons un jour sans fin, ou plutôt l’une de ces après-midis grises et ternes où l’on sait que toutes les pro­messes sont ajour­nées.  C’est un jour triste, il n’y a plus per­sonne à appeler et tout ce qui devait être lu a été écrit.
Mais nous n’admirons ni le mou­ve­ment lent des girouettes ni les feuilles frois­sées que le vent mau­vais nous apporte.  Nous comp­tons. Nous recomp­tons. Nous bif­fons les grâces pas­sées et les messes dites. Tranquillement.

Il est vrai que nous vivons des temps où les murs n’écrivent plus aucune révolte. Où toutes les voix qui devaient se faire entendre ne parlent que d’issues de secours. C’est un temps sale, nous disons, un temps de nau­frage.
N’est-ce pas là que tout commence ?

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29 janvier 2010

fausses terreurs

sugaar

En poli­tique rien n’arrive pas acci­dent. Si quelque chose se pro­duit, vous pouvez parier que cela a été pla­nifié de cette façon.

Franklin Delano Roosevelt

Se créer les ennemis dont on a besoin.
C’est le plus vieux tour. Celui qui marche toujours.

Un jour, un homme résolu de s’emparer de Rome. Mais la République était solide.
Crassus avait besoin d’un ennemi. Il choisit Spartacus.
Le gla­dia­teur était à la tête d’une armée d’esclaves. Il était un ennemi convain­cant.
Mais Spartacus et sa bande ne vou­laient pas de Rome. Ils vou­laient leur liberté. Une flotte mer­ce­naire devait les emmener loin de Rome. Elle partit sans eux : Crassus l’avait achetée.
Cerné par les sol­dats de Crassus, les esclaves n’eurent d’autre choix que de mar­cher sur Rome.
La République, trem­blante, confia ses armes et son destin à l’ambitieux poli­ti­cien. Spartacus mourut l’épée à la main. Six mille esclaves furent cru­ci­fiés.
Les Romains ne récu­pé­rèrent jamais leur République.

Crassus

Comme sont morts ces esclaves, ainsi mourra votre racaille…
Si elle manque un ins­tant de loyauté envers le nouvel ordre établi.

Les ennemis de l’État sont connus.

Des arres­ta­tions sont en cours. Les pri­sons com­mencent à se rem­plir.
Dans chaque ville et pro­vince sont dres­sées des listes de traîtres.
Demain ils appren­dront le prix de leur ter­rible folie…
Leur trahison.

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22 janvier 2010

libertés surveillées

sugaar

Au pays des réseaux sociaux et des échanges nomades, il existe une rumeur folle : tout ce que vous pourrez dire sera retenu contre vous.

En sep­tembre der­nier, deux jeunes fran­con­vil­lois ont été sus­pectés de ter­ro­risme. Ils s’étaient amusés, par SMS, à ima­giner la pré­pa­ra­tion d’un entar­trage visant Simons. L’opérateur mobile de l’un des jeunes avait alerté la police anti­ter­ro­riste.
La rumeur dit vrai. D’une façon ou d’une autre, nous sommes tous surveillés.

Aujourd’hui, une nou­velle rumeur affirme que des per­sonnes dis­pa­raissent après avoir posté des mes­sages sur Twitter ou Facebook. L’histoire est si absurde qu’elle confine au fantasme.

Vendredi 15 jan­vier, à Paris, un homme aurait été bloqué par des CRS alors qu’il se ren­dait sur son lieu de tra­vail, près des Grands Boulevards. La raison de ce blo­cage reste floue mais la proxi­mité des grands maga­sins laisse sup­poser une alerte à la bombe. Ou la sortie incon­grue d’une pre­mière dame fai­sant les soldes.
Connecté à un site de micro­blog­ging grâce à son télé­phone por­table, l’homme immo­bi­lisé lais­sait éclater sa colère contre les CRS, le gou­ver­ne­ment en place et l’omni-président. Il fit le paral­lèle avec l’agression à moitié réussie (ou ratée, on ne sait plus) qui secoue la France depuis près de quatre mois.  L’homme rap­pela à ses amis invi­sibles qu’un tou­riste inconnu aurait filmé l’un des gardes du corps fai­sant un dis­cret signe du menton à Cherny Zemly. Il affir­mait que le tou­riste, c’était lui.

Il se trou­vait tou­jours là, sur le trot­toir, lorsqu’il fut arrêté. L’un de ses col­lègues, bloqué lui aussi par le bar­rage, avait vu la scène de l’autre côté du trottoir.

Et depuis une semaine, plu­sieurs per­sonnes se demandent où se trouve Jacques Chambret. La police pari­sienne n’a ni confirmé, ni réfuté son arrestation.

Est-ce une légende urbaine en pleine éclo­sion ou faut-il s’attendre, vrai­ment, à d’autres disparitions ?

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6 janvier 2010

l’absurde élixir du diable

sugaar

aliceJe vois de l’absurde dans ma rue et dans ma vie.
Un pas­sage pour pié­tons menant à une porte condamnée, un employeur me deman­dant de cap­turer une licorne rose… L’absurde est ce qui n’a aucun sens.
Un jour seule­ment, une bulle d’irrationalité éclate.
Des figures de cire s’animent et le grin­ce­ment de leurs rouages devient un refrain moqueur : nous aussi, nous cou­rons pour rester à la même place.

L’absurde est cet élixir du diable qui nous permet de passer de l’autre côté du miroir. Le pour­quoi s’élève et tout com­mence dans cette las­si­tude teintée d’étonnement.


De l’autre côté du miroir, le hasard n’existe pas et notre exis­tence est pro­grammée par de nou­veaux dieux de l’Olympe. Cruels et insen­sibles, ils sont pour­tant ter­ri­ble­ment humains dans ce qu’ils recherchent : le pou­voir, l’argent, la sou­mis­sion sans ques­tion­ne­ment. Trop humains ? Nés sur une pla­nète loin­taine ou des­cen­dants d’une antique confrérie, ils ont le visage de nos tyrans disparus.

Les conspi­ra­tions fan­tas­mées et nos expé­riences his­to­riques coexistent à pré­sent dans une zone grise où dansent les ombres de nos marionnettistes.

Sommes-nous, encore et tou­jours, cette même foule aveugle ?

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21 décembre 2009

le messager athénien

sugaar

« Et, au fait, qui­conque, ayant conquis un État accou­tumé à vivre libre, ne le détruit point, doit s’attendre à en être détruit. Dans un tel État, la rébel­lion est sans cesse excitée par le nom de la liberté et par le sou­venir des anciennes ins­ti­tu­tions, que ne peuvent jamais effacer de sa mémoire ni la lon­gueur du temps ni les bien­faits d’un nou­veau maître. Quelque pré­cau­tion que l’on prenne, quelque chose que l’on fasse, si l’on ne dis­sout point l’État, si l’on n’en dis­perse les habi­tants, on les verra, à la pre­mière occa­sion, rap­peler, invo­quer leur liberté, leurs ins­ti­tu­tions per­dues, et s’efforcer de les ressaisir. »

Nicolas Machiavel (1515) Le Prince

A ceux qui pensent que tout est pour le mieux tant que le pire est évité, nous disons : Souvenez-vous !

C’était un matin de défaite, et le grand corps malade de la cité n’en finis­sait pas de vaciller. Trente tyrans fon­daient sur Athènes. C’était aisé, l’hydre vieillis­sante avait perdu le sou­venir d’elle-même.

La pro­po­si­tion, faite au peuple à genoux, était de créer un nou­veau régime. Puisque le sys­tème ne fonc­tion­nait plus, puisque la guerre et l’économie rédui­saient tous les lau­riers en cendres, alors il fal­lait s’en remettre à la sagesse des ancêtres.  Mais qu’avaient-on hérité, de ces ancêtres mythiques ? Tout. La valeur et le cou­rage. Le res­pect de l’ordre. Une cer­taine idée de la liberté…

C’était donc pour le salut public, qu’il fal­lait remettre le pou­voir entre les mains de quelques uns.

Propagande. Les Trente inves­tis­saient la mémoire col­lec­tive et en nour­ris­saient leur puis­sance.

Tous les bons citoyens pré­sents dans l’assemblée, com­pre­nant la manœuvre et sen­tant leur impuis­sance, ou bien res­tèrent en gar­dant une atti­tude pas­sive, ou bien se reti­rèrent. Ils pou­vaient du moins se rendre cette jus­tice qu’ils n’avaient rien voté de néfaste pour la cité. Un petit nombre de citoyens lâches, mal­in­ten­tionnés, ado­ptèrent à main levée les mesures qu’on leur dic­tait.


Trier. Épurer. Traquer les mau­vaises idées et les mines sus­pectes. Réduire le nombre de citoyens, ne garder que les meilleurs, ceux qui le méritent vraiment.

Exiler effacer exé­cuter.

Renier.

Créer les lois pour mieux dési­gner les hors la loi. Flatter avec le bout de la cra­vache. Jeux. Concevoir le vivre ensemble comme une gigan­tesque entre­prise de sur­veillance col­lec­tive.
Que disait-on, alors ? Ils voient vos mal­heurs d’un si bon œil que, tantôt, ils les savent avant tout le monde, tantôt ils en inventent.

« Ces actes fai­saient plaisir aux citoyens qui croyaient que les Trente agis­saient pour le bien de la cité. »

Aristote

C’était il y a 2 400 ans.  La démo­cratie athé­nienne mour­rait; les hommes au pou­voir étaient devenus une force d’occupation. Puis, un jour, un général en exil revint pour tout ren­verser.

Et ensuite ? Socrate bu la cigüe et tous en mou­rurent.

Zweckpropaganda. Le mes­sager athé­nien s’en est allé.

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16 décembre 2009

opération ballon rouge

sugaar

Comment fêter les qua­rante ans d’Internet ? En rap­pe­lant son ori­gine militaire.

ballon rouge ou leurreEntre le 5 et le 14 décembre, le DARPA (agence amé­ri­caine pour les pro­jets de recherche avancée de défense) a orga­nisé une chasse au trésor pour exa­miner les rôles que jouent Internet et les réseaux sociaux dans la com­mu­ni­ca­tion et la mobi­li­sa­tion des popu­la­tions lors de situa­tions critiques.

Il n’a fallu que deux heures aux cinq mille par­ti­ci­pants pour retrouver les dix bal­lons météo­ro­lo­giques rouges dis­persés aux États-Unis.

Ironie ? Depuis soixante ans, le ballon météo­ro­lo­gique est syno­nyme de leurre, pour les ufologues.

Le pou­voir de la foule

Faire appel aux inter­nautes pour résoudre une tâche donnée était jusqu’à pré­sent associé avec l’altruisme dés­in­té­ressé. Cette tech­nique, le crowd­sour­cing, permet de frag­menter et de rendre abs­traite la véri­table signi­fi­ca­tion des tâches. En y mêlant pro­pa­gande et dés­in­for­ma­tion, c’est un moyen effi­cace pour mani­puler des citoyens.
Le concours de DARPA, le jeu Internet Eyes et la traque de l’Homme à l’oiseau noir nous montrent que les popu­la­tions peuvent être uti­li­sées pour étendre la capa­cité de sur­veillance d’un état.

Il suffit de quelques images tru­quées, d’une poi­gnée de témoins réci­tant leurs textes pour que les foules hyp­no­ti­sées traquent des ennemis imaginaires.

Mais, de l’autre côté du miroir… Qui garde les gardiens ?

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14 novembre 2009

Message subliminal

sugaar

Un mes­sage sub­li­minal est un sti­mulus incor­poré dans un objet, conçu pour être perçu à un niveau au-dessous du niveau de conscience.

Des cher­cheurs du University College de Londres ont récem­ment décou­vert que des per­sonnes réagissent incons­ciem­ment à des flashs d’images et de mots, sur­tout si leur contenu est négatif. Ces flashs changent leur pensée et peuvent altérer l’humeur.

« Nous avons montré que les gens peuvent per­ce­voir la valeur émotion­nelle de mes­sages sub­li­mi­naux et avons démontré de façon concluante que les gens sont beau­coup plus récep­tifs aux mots néga­tifs », a dit le pro­fes­seur Nilli Lavie, qui mena la recherche.

Le pro­fes­seur Lavie croit que la capa­cité à relever de façon sub­cons­ciente des signaux flot­tants pour­rait s’être déve­loppée comme une façon de déceler les menaces dans notre envi­ron­ne­ment : « Nous ne pou­vons pas attendre que notre conscience nous pousse si nous voyons quelqu’un courir vers nous avec un cou­teau », dit-elle.

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12 novembre 2009

pas de fumée sans feu

sugaar

Qu’on en commun les chan­ge­ments cli­ma­tiques, les faillites de sys­tèmes finan­ciers et les chan­ge­ments radi­caux de régime poli­tique? Ils sont tous pré­cédés par des signaux d’avertissement précoces.

Ses signaux sont par­fois si faibles qu’il faut en appeler à la mémoire col­lec­tive, à celle qui imprègne les terres comme les esprits .
Pas de fumée sans feu, dit-on. Cela, sans doute, les pre­miers hommes l’apprirent avant même de maî­triser le feu. Mais qui nous brûle ?

Situation cri­tique ? Tous les sys­tèmes com­plexes, et la société humaine en est un, dis­posent de points sen­sibles autour des­quels les chan­ge­ments s’organisent. C’est en repé­rant ces points que l’on peut détecter un stade de tran­si­tion critique.

Cela est d’autant plus vrai pour les bifur­ca­tions catas­tro­phiques qui font radi­ca­le­ment diverger un sys­tème vers une nou­velle orga­ni­sa­tion dès qu’un cer­tain nombre de ces points clefs a été atteint.Ne dit-on pas par­fois, que toutes les condi­tions étaient réunies pour que ça bascule ?

Que nous dit, aujourd’hui, la rumeur de la conscience col­lec­tive ? Des mots reviennent, des excla­ma­tions. Assez ! Jusqu’à quand se moquera-t–ils de nous? Ils croient vrai­ment qu’ils peuvent tout nous faire avaler !
Exaspération. Colère. Mouvement.

La tec­to­nique des plaques. Un sys­tème peut égale­ment glisser de façon per­ma­nente vers un état altéré, si un lent chan­ge­ment sous-jacent per­siste. Mais à chaque nou­veau glis­se­ment, une son­nette d’alarme retentit. C’est la triste leçon des trem­ble­ments de terre. Ce qui était annoncé n’a pas été entendu.

Épilepsie. Les crises d’épilepsie et les attaques d’asthme sous annon­cées par des signaux dis­crets.  Nous man­quons d’air, mais si nous nous étions écoutés, nous aurions pu nous en aper­ce­voir plus tôt.

Les crises d’épilepsie arrivent lorsque des cel­lules neu­rales voi­sines se mettent à émettre de façon syn­chrone. Des minutes avant la crise, une cer­taine variance appa­rait dans les signaux élec­triques enre­gis­trés par l’encéphalogramme.

Les rup­tures dans les mar­chés finan­ciers ont aussi des alertes précoces.

Dans un chan­ge­ment poli­tique impor­tant, de ceux qui entraînent tout un pays vers une idéo­logie d’on il ne vou­lait pas, au fond, l’enjeu est double : cer­tains vou­dront décou­vrir ces points, pour les éliminer. D’autres, conscients de la néces­sité des mou­ve­ments sou­ter­rains, qui per­mettent de main­tenir la pos­si­bi­lité d’un autre chan­ge­ment, cher­cher eux aussi à retrouver ces points, pour les pro­téger. C’est aussi simple que cela.

N’oublions pas, nous ne sommes que des points sur une carte. Chaque voix qui s’élève annonce un chan­ge­ment. Ne dit-on pas: qui sème le vent récolte  la tempête.

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10 novembre 2009

Cette insurrection qui ne vient pas

sugaar

Deux mois.

Deux mois que l’œil de verre du pré­sident Simons regarde la France de tra­vers. Deux mois de soup­çons et d’anathèmes, de chasses à l’homme et de confes­sions ad nauseam.

Où est-elle, cette insur­rec­tion dont tout le monde parle mais que per­sonne ne voit ? Que contient-elle vrai­ment, cette révolte offerte comme un vul­gaire baril de les­sive, avec son bonus en plas­tique et son parfum cheap ?
Dans les rues de Paris, rien ne résonne si ce n’est l’habituel vacarme des légions cas­quées.  C’est une paix métal­lique que l’on nous a vendu. Et nous nous réveillons, secrè­te­ment. Floués. Le corps rompu. Dans de sales draps.

Ce matin, les jour­naux télé­visés se sont ras­sa­siés des inci­dents qui auraient eu lieu à Paris, à la fin des célé­bra­tions du ving­tième anni­ver­saire de la chute du mur de Berlin.

Entre autres réjouis­sances musi­cales, la soirée fut ponc­tuée de « Zemly vérité! » et « Vaillon démis­sion » qui saluèrent l’apparition puis l’escamotage du pre­mier ministre.
Les enfants sau­vages riaient. L’œil de Simons était sur eux.

D’après TN1, hier à minuit, des jeunes enca­goulés, vêtus de noir, munis de briques et de mar­teaux, des anar­chistes en somme, auraient remonté les Champs-Élysées. Admirez comme tout cela est précis.

Hier, à minuit. Que signi­fiait l’Arc de Triomphe ?

« Trois cents arrestations. »

J’étais là.

Place de la Concorde. Mes habits noirs ne sont pas ceux des anar­chistes. Je suis ano­nyme entre les ano­nymes. Nous chan­tons. Nous sommes légions. Nous sommes en marche.
Voix publiques. Zemly vérité ! L’œil de Simons est sur nous.
Refus de cir­culer ? Désordre. Des ordres.
L’œil de Simons est sur moi.

Fumées. A terre. Tes mains. Debout. Entre. Assis. Sors. Entre. Assis. Papiers. Ta bouche. ADN. Ta bouche. Dehors.

Quelles briques ? Quels mar­teaux ? Quels fumiers.

Aujourd’hui.
Malgré nos yeux cernés et nos vies empoi­gnées, nous savons que Cherny Zemly, l’homme à l’oiseau noir et tous ces ennemis inconnus n’ont aucune impor­tance. Concorde, Triomphe ou champ de bataille, ne voyez  qu’un énième simu­lacre d’évènement. Des images pré­textes dont l’obscénité n’existe que pour pré­céder, et donc jus­ti­fier, une nou­velle loi de méfiance. Leurs lois. Nos vies.

L’insur­rec­tion est –elle un jeu ? Alors jouons ensemble.

Action. Agiter le chiffon rouge du chaos.
Réaction. La peur para­lyse ceux qui croient avoir tout à perdre.
Écran noir. Dormez.

Action. Déployer la puis­sance de l’Ordre dans un spec­tacle per­ma­nent.
Réaction. La foule hyp­no­tisée rêve d’avoir encore quelque chose à perdre.
Écran noir. Dormez.

Action. Ignorer que ceux qui n’ont plus rien à perdre se moquent des triomphes et des murs.
Réaction. Ne pas voir que l’insurrection est déjà là.

Écran noir. Zemly vérité.

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L’union Européenne a créé en jan­vier 2009 un projet orwel­lien d’intelligence arti­fi­cielle pour sur­veiller le « com­por­te­ment anormal » des populations.

Imaginé il y a cinq ans, le pro­gramme de recherche Indect uti­lise des « agents » infor­ma­tiques qui ana­lysent les flux d’informations sur les sites internet, les forums, les réseaux de peer-to-peer, les ordi­na­teurs per­son­nels et les sys­tèmes de vidéo sur­veillance publics.

Le Projet Indect a reçu près de 15 mil­lions d’euros de l’Union Européenne et per­mettra le par­tage de ces infor­ma­tions entre dix pays euro­péens.  Il arrive au moment où l’Union Européenne ren­force sa lutte contre le crime orga­nisé, le ter­ro­risme et l’immigration illé­gale en aug­men­tant son budget  de 13,5%, soit plus d’un mil­liard d’euros.

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8 novembre 2009

surveiller et dénoncer

sugaar

A Paris, depuis quelques semaines, des groupes d’habitants du XXème arron­dis­se­ment effec­tuent des rondes noc­turnes pour per­turber les tra­fics de drogue. Mamies sans peur et pères de famille se relaient dans une ambiance bonne enfant, tout en gar­dant un œil sévère sur les jeunes qui traînent aux pieds des HLM. Ces rondes citoyennes sont direc­te­ment ins­pi­rées des milices de quar­tier amé­ri­caines. Cette ini­tia­tive fait suite aux mes­sages anti-délinquance du gouvernement. dénoncer par mail, c'est possibe maintenant

Fin sep­tembre, la police de l’Essonne a d’ailleurs mis en place un sys­tème de déla­tion dénon­cia­tion ano­nyme par mail, en invi­tant à joindre photos et vidéos   : «Aidez la police natio­nale dans son action au ser­vice des citoyens. Confidentialité garantie»




Sauvons les Cyborgs vous pro­pose un petit état des lieux des mesures, ici ou ailleurs, inci­tant les citoyens à se sur­veiller et à dénoncer les com­por­te­ments suspects :


ethics.com, les col­lègues dans le col­li­ma­teur (USA, Europe)

ethicspoint.com

Vous n’aimez pas vos col­lègues ? Dommage pour eux.

Le site ethics.com permet à des employés de dénoncer ano­ny­me­ment « les pro­blèmes et pré­oc­cu­pa­tions rela­tifs à des acti­vi­tés contraires à l’éthique ou illégales. »

Malgré le succès que ce site rem­porte aux USA, un juge du tri­bu­nal de Caen a décidé le 6 novembre der­nier que les sala­riés d’une entre­prise fran­çaise ne pour­ront pas se dénon­cer les uns les autres via un site Inter­net dédié car cela crée “un trouble mani­fes­te­ment illi­cite”. On espère que cela fera jurisprudence.

Lire notre article sur l’affaire oppo­sant les sala­riés de l’entreprise Benoist Girard à la leur direction.



Internet Eyes (Grande Bretagne)


le site internet eyes

Jouer à Big Brother sans quitter son canapé

Au pays de la vidéo sur­veillance (Une caméra pour 14 habi­tants),  le site Inter­net Eyes (les yeux d’internet) pro­po­se aux inter­nautes du monde entier de vision­ner les images dif­fu­sées en direct par des camé­ras de surveillance.

Le slo­gan ? Attra­pez un cri­mi­nel en ligne !

Le but ? tra­quer le fla­grant délit en jouant avec  le voyeu­risme des ama­teurs de Big Brother.

Lire notre article sur Internet eyes.


IWatch, un pro­gramme Orwellien du LAPD (USA)

La police de New York a lancé un site internet  per­met­tant aux habi­tants de la ville de dénoncer tout com­por­te­ment sus­pect. Orwellien.





Rottenneighbor.com, mes voi­sins sont pourris (USA)


rottenneighborcom

Ce site amé­ri­cain per­met­tait de dénoncer ano­ny­me­ment le com­por­te­ment de ses voi­sins (voi­ture sale, va cher­cher son cour­rier en caleçon, etc.) et de les affi­cher sur Google Map. Lancé en 2007 et uti­li­sable par­tout dans le monde, le site a débarqué l’année der­nière en France. Il est heu­reu­se­ment en main­te­nance et donc inac­ces­sible depuis cet été.


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