Au pays des réseaux sociaux et des échanges nomades, il existe une rumeur folle : tout ce que vous pourrez dire sera retenu contre vous.
En septembre dernier, deux jeunes franconvillois ont été suspectés de terrorisme. Ils s’étaient amusés, par SMS, à imaginer la préparation d’un entartrage visant plusieurs personnalités politiques. L’opérateur mobile de l’un d’entre eux avait alerté la police antiterroriste.
La rumeur dit vrai. D’une façon ou d’une autre, nous sommes tous surveillés.
Aujourd’hui, une nouvelle rumeur affirme que des personnes disparaissent après avoir posté des messages sur des sites de microblogging. C’est franchir une étape supplémentaire et basculer dans les zones marécageuses des théories conspirationnistes.
L’histoire, reprise sur différents sites d’informations alternatives, est si absurde qu’elle confine au fantasme.
Vendredi 15 janvier, à Paris, un homme aurait été bloqué par un cordon de CRS alors qu’il se rendait sur son lieu de travail, près des Grands Boulevards. La raison de ce blocage reste floue mais la proximité des grands magasins laisse supposer une alerte à la bombe. Ou la sortie incongrue d’une première dame faisant les soldes.
Connecté sur un site de microblogging grâce à son téléphone portable, l’homme immobilisé mit en doute l’efficacité des services de sécurité intérieure .
Et comme cela nous arrive à tous, la conversation dévia sur l’agression à moitié réussie (ou ratée, on ne sait plus) qui secoue la France depuis près de quatre mois. Brodant sur la thèse de la mise en scène, l’homme rappela à ses amis invisibles qu’un touriste inconnu aurait filmé l’un des gardes du corps faisant un discret signe du menton à Cherny Zemly.
Que c’est-il donc passé, ce 15 janvier ? Un homme en colère prétendait être le témoin d’une conspiration et en avoir filmé la preuve. Ses amis le suppliaient, sans doute en riant, de mettre la vidéo en ligne.
Il se trouvait toujours là, sur le trottoir, lorsqu’il fut arrêté. L’un de ses collègues, bloqué lui aussi par le barrage, avait vu la scène de l’autre côté du trottoir.
Et depuis une semaine, plusieurs personnes se demandent où se trouve Jacques Chambret. La police parisienne n’a ni confirmé, ni réfuté qu’un individu a été arrêté le 15 janvier pour des commentaires déposés sur un site de socialisation.
Est-ce une nouvelle rumeur, une sorte de légende urbaine en pleine éclosion ? Ou faut-il s’attendre, vraiment, à d’autres disparitions ?