sauvons les cyborgs !

L'Histoire est un mensonge que personne ne conteste.

le messager athénien

sugaar
21 décembre 2009

« Et, au fait, qui­conque, ayant conquis un État accou­tumé à vivre libre, ne le détruit point, doit s’attendre à en être détruit. Dans un tel État, la rébel­lion est sans cesse excitée par le nom de la liberté et par le sou­venir des anciennes ins­ti­tu­tions, que ne peuvent jamais effacer de sa mémoire ni la lon­gueur du temps ni les bien­faits d’un nou­veau maître. Quelque pré­cau­tion que l’on prenne, quelque chose que l’on fasse, si l’on ne dis­sout point l’État, si l’on n’en dis­perse les habi­tants, on les verra, à la pre­mière occa­sion, rap­peler, invo­quer leur liberté, leurs ins­ti­tu­tions per­dues, et s’efforcer de les ressaisir. »

Nicolas Machiavel (1515) Le Prince

A ceux qui pensent que tout est pour le mieux tant que le pire est évité, nous disons : Souvenez-vous !

C’était un matin de défaite, et le grand corps malade de la cité n’en finis­sait pas de vaciller. Trente tyrans fon­daient sur Athènes. C’était aisé, l’hydre vieillis­sante avait perdu le sou­venir d’elle-même.

La pro­po­si­tion, faite au peuple à genoux, était de créer un nou­veau régime. Puisque le sys­tème ne fonc­tion­nait plus, puisque la guerre et l’économie rédui­saient tous les lau­riers en cendres, alors il fal­lait s’en remettre à la sagesse des ancêtres.  Mais qu’avaient-on hérité, de ces ancêtres mythiques ? Tout. La valeur et le cou­rage. Le res­pect de l’ordre. Une cer­taine idée de la liberté…

C’était donc pour le salut public, qu’il fal­lait remettre le pou­voir entre les mains de quelques uns.

Propagande. Les Trente inves­tis­saient la mémoire col­lec­tive et en nour­ris­saient leur puis­sance.

Tous les bons citoyens pré­sents dans l’assemblée, com­pre­nant la manœuvre et sen­tant leur impuis­sance, ou bien res­tèrent en gar­dant une atti­tude pas­sive, ou bien se reti­rèrent. Ils pou­vaient du moins se rendre cette jus­tice qu’ils n’avaient rien voté de néfaste pour la cité. Un petit nombre de citoyens lâches, mal­in­ten­tionnés, ado­ptèrent à main levée les mesures qu’on leur dic­tait.


Trier. Épurer. Traquer les mau­vaises idées et les mines sus­pectes. Réduire le nombre de citoyens, ne garder que les meilleurs, ceux qui le méritent vraiment.

Exiler effacer exé­cuter.

Renier.

Créer les lois pour mieux dési­gner les hors la loi. Flatter avec le bout de la cra­vache. Jeux. Concevoir le vivre ensemble comme une gigan­tesque entre­prise de sur­veillance col­lec­tive.
Que disait-on, alors ? Ils voient vos mal­heurs d’un si bon œil que, tantôt, ils les savent avant tout le monde, tantôt ils en inventent.

« Ces actes fai­saient plaisir aux citoyens qui croyaient que les Trente agis­saient pour le bien de la cité. »

Aristote

C’était il y a 2 400 ans.  La démo­cratie athé­nienne mour­rait; les hommes au pou­voir étaient devenus une force d’occupation. Puis, un jour, un général en exil revint pour tout ren­verser.

Et ensuite ? Socrate bu la cigüe et tous en mou­rurent.

Zweckpropaganda. Le mes­sager athé­nien s’en est allé.

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