Réparer et améliorer notre corps est devenu à la fois un droit et une nécessité. Une évidence.
L’évolution technologique, corrigeant les imperfections supposées de notre évolution biologique, n’est plus limitée que par d’éventuelles problématiques éthiques et morales, elles-mêmes constamment réactualisées.
Le cyborg, organisme à la fois artificiel et naturel, serait la prochaine étape de notre évolution.
Les hommes auront un cerveau « boosté » par des implants, à ce que l’on nous promet. Mais pour pouvoir commercialiser en masse ces implants, il faudra d’abord que notre corps les accepte.
Pour l’instant, l’implant greffé sur notre cerveau reste au stade expérimental. Nos cellules immunitaires finissent toujours par identifier le corps étranger et par supprimer les connexions neuronales qui l’entourent. L’implant devient alors incapable de capter le moindre signal, tel un satellite perdu dans l’espace.
Afin de contourner ce problème, des chercheurs de l’université de Pennsylvanie, aux États-Unis, cultivent des neurones directement sur des réseaux d’électrodes. Depuis 2007, ils ont ainsi réussi à créer de véritables câbles neuronaux qui conduisent les impulsions électriques dans les deux sens.
Les scientifiques prévoient de connecter l’une des extrémités de cette interface au système nerveux humain et l’autre extrémité à un implant.
Cela devrait être possible en 2012.
Après avoir cartographié nos connexions nerveuses, il s’agira donc de les intégrer dans un cyber-système ouvert et constamment évolutif. La carte précèdera le territoire de notre corps, et l’engendrera.
Malgré les annonces spectaculaires, le cyborg de 2020 ne sera sans doute pas un homme implanté. Les neurones cultivées sur des électrodes ne vivent que quelques mois et les effets à long terme des greffes d’implants ne sont pas connus. Les deux seules solutions durables pour hacker notre système nerveux restent les ondes électromagnétiques et les nanorobots.
En Europe, la plupart des chercheurs dans ce domaine utilisent l’électroencéphalographie. Les signaux sont plus faibles, mais l’absence d’intervention chirurgicale a de nombreux avantages. Les interfaces hommes-machines qui seront commercialisées en 2010 reposent toutes sur des manipulations des ondes cérébrales. Cette technique dite non invasive peut aussi être contrôlée à distance, sans même que le sujet en ait conscience. C’est le principe des armes psychotroniques, permettant de neutraliser un ennemi sans le tuer.
Des cyborgs prisonniers d’un monde virtuel ?
La promesse du cyborg n’est pas seulement celle d’une jeunesse éternelle libérée des maladies et des infirmités. En manipulant notre cerveau, il deviendra possible de créer à volonté des émotions, des sensations, des souvenirs. De flotter d’une illusion à l’autre et de gommer les frontières entre le vrai et le vraisemblable. Mais n’est-ce pas déjà le cas?
Le contrôle de l’esprit reste la condition sine qua non pour permettre l’avènement du nouvel Homme.