Je vois de l’absurde dans ma rue et dans ma vie.
Un passage pour piétons menant à une porte condamnée, un employeur me demandant de capturer une licorne rose… L’absurde est ce qui n’a aucun sens.
Un jour seulement, une bulle d’irrationalité éclate.
Des figures de cire s’animent et le grincement de leurs rouages devient un refrain moqueur : nous aussi, nous courons pour rester à la même place.
L’absurde est cet élixir du diable qui nous permet de passer de l’autre côté du miroir. Le pourquoi s’élève et tout commence dans cette lassitude teintée d’étonnement.
De l’autre côté du miroir, le hasard n’existe pas et notre existence est programmée par de nouveaux dieux de l’Olympe. Cruels et insensibles, ils sont pourtant terriblement humains dans ce qu’ils recherchent : le pouvoir, l’argent, la soumission sans questionnement. Trop humains ? Nés sur une planète lointaine ou descendants d’une antique confrérie, ils ont le visage de nos tyrans disparus.
Les conspirations fantasmées et nos expériences historiques coexistent à présent dans une zone grise où dansent les ombres de nos marionnettistes.
Sommes-nous, encore et toujours, cette même foule aveugle ?