En politique rien n’arrive pas accident. Si quelque chose se produit, vous pouvez parier que cela a été planifié de cette façon.
Franklin Delano Roosevelt
Se créer les ennemis dont on a besoin.
C’est le plus vieux tour. Celui qui marche toujours.
Un jour, un homme résolu de s’emparer de Rome. Mais la République était solide.
Crassus avait besoin d’un ennemi. Il choisit Spartacus.
Le gladiateur était à la tête d’une armée d’esclaves. Il était un ennemi convaincant.
Mais Spartacus et sa bande ne voulaient pas de Rome. Ils voulaient leur liberté. Une flotte mercenaire devait les emmener loin de Rome. Elle partit sans eux : Crassus l’avait achetée.
Cerné par les soldats de Crassus, les esclaves n’eurent d’autre choix que de marcher sur Rome.
La République, tremblante, confia ses armes et son destin à l’ambitieux politicien. Spartacus mourut l’épée à la main. Six mille esclaves furent crucifiés.
Les Romains ne récupérèrent jamais leur République.
Crassus
Comme sont morts ces esclaves, ainsi mourra votre racaille…
Si elle manque un instant de loyauté envers le nouvel ordre établi.
Les ennemis de l’État sont connus.
Des arrestations sont en cours. Les prisons commencent à se remplir.
Dans chaque ville et province sont dressées des listes de traîtres.
Demain ils apprendront le prix de leur terrible folie…
Leur trahison.
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Au pays des réseaux sociaux et des échanges nomades, il existe une rumeur folle : tout ce que vous pourrez dire sera retenu contre vous.
En septembre dernier, deux jeunes franconvillois ont été suspectés de terrorisme. Ils s’étaient amusés, par SMS, à imaginer la préparation d’un entartrage visant Simons. L’opérateur mobile de l’un des jeunes avait alerté la police antiterroriste.
La rumeur dit vrai. D’une façon ou d’une autre, nous sommes tous surveillés.
Aujourd’hui, une nouvelle rumeur affirme que des personnes disparaissent après avoir posté des messages sur Twitter ou Facebook. L’histoire est si absurde qu’elle confine au fantasme.
Vendredi 15 janvier, à Paris, un homme aurait été bloqué par des CRS alors qu’il se rendait sur son lieu de travail, près des Grands Boulevards. La raison de ce blocage reste floue mais la proximité des grands magasins laisse supposer une alerte à la bombe. Ou la sortie incongrue d’une première dame faisant les soldes.
Connecté à un site de microblogging grâce à son téléphone portable, l’homme immobilisé laissait éclater sa colère contre les CRS, le gouvernement en place et l’omni-président. Il fit le parallèle avec l’agression à moitié réussie (ou ratée, on ne sait plus) qui secoue la France depuis près de quatre mois. L’homme rappela à ses amis invisibles qu’un touriste inconnu aurait filmé l’un des gardes du corps faisant un discret signe du menton à Cherny Zemly. Il affirmait que le touriste, c’était lui.
Il se trouvait toujours là, sur le trottoir, lorsqu’il fut arrêté. L’un de ses collègues, bloqué lui aussi par le barrage, avait vu la scène de l’autre côté du trottoir.
Et depuis une semaine, plusieurs personnes se demandent où se trouve Jacques Chambret. La police parisienne n’a ni confirmé, ni réfuté son arrestation.
Est-ce une légende urbaine en pleine éclosion ou faut-il s’attendre, vraiment, à d’autres disparitions ?
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Je vois de l’absurde dans ma rue et dans ma vie.
Un passage pour piétons menant à une porte condamnée, un employeur me demandant de capturer une licorne rose… L’absurde est ce qui n’a aucun sens.
Un jour seulement, une bulle d’irrationalité éclate.
Des figures de cire s’animent et le grincement de leurs rouages devient un refrain moqueur : nous aussi, nous courons pour rester à la même place.
L’absurde est cet élixir du diable qui nous permet de passer de l’autre côté du miroir. Le pourquoi s’élève et tout commence dans cette lassitude teintée d’étonnement.
De l’autre côté du miroir, le hasard n’existe pas et notre existence est programmée par de nouveaux dieux de l’Olympe. Cruels et insensibles, ils sont pourtant terriblement humains dans ce qu’ils recherchent : le pouvoir, l’argent, la soumission sans questionnement. Trop humains ? Nés sur une planète lointaine ou descendants d’une antique confrérie, ils ont le visage de nos tyrans disparus.
Les conspirations fantasmées et nos expériences historiques coexistent à présent dans une zone grise où dansent les ombres de nos marionnettistes.
Sommes-nous, encore et toujours, cette même foule aveugle ?
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